Coronavirus : Hugues, en quarantaine à Aix-en-Provence, est « soulagé d’avoir pu rentrer »

TEMOIGNAGE Le Tarnais, parti rejoindre sa petite amie chinoise mi-janvier, fait partie de la troisième vague de rapatriés français, en quarantaine à Aix-en-Provence durant 14 jours

Béatrice Colin

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Hugues Reynal, un Tarnais de retour de Chine, est en quarantaine depuis dimanche à Aix-en-Provence.
Hugues Reynal, un Tarnais de retour de Chine, est en quarantaine depuis dimanche à Aix-en-Provence. — Hugues Reynal
  • Après avoir cru qu’il ne pourrait pas rentrer en France, Hugues, un Tarnais, a atterri à Istres en fin de semaine dernière.
  • Avec une trentaine d’autres rapatriés français de la zone de Wuhan, il est en quarantaine à Aix-en-Provence.
  • Dépisté négatif au coronavirus, il prend son mal en patience en attendant de pouvoir regagner son Tarn natal.

Aujourd’hui, il tente d’occuper ses journées entre belote et footing avec une trentaine d'autres rapatriés, en quarantaine depuis dimanche au sein de l’école nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers d’Aix-en-Provence. Il y a une semaine, coincé à Gong’An, à 250 km de Wuhan, le principal foyer chinois du coronavirus, il se demandait s’il allait pouvoir un jour rentrer en France.

« Lorsque je suis arrivé en Chine pour voir ma copine le 16 janvier, il y avait une quarantaine de cas, rien de vraiment alarmant », se souvient ce trentenaire originaire du Tarn. Mais une semaine plus tard, alors que le couple a rejoint la famille de la jeune femme de nationalité Chinoise pour fêter le nouvel an, la situation s’est vraiment compliquée.

La ville de Wuhan a été placée en quarantaine, puis ce fut au tour de Gong’An où se trouvaient alors Hugues et sa compagne.

Ville fantôme d’1 million d’habitants

« Je devais rentrer le 4 février. Mais il était impossible de bouger, il n’y avait plus de bus, de taxis ou de trains et des barrages aux entrées de la ville. Nous avions le droit de nous déplacer dans la ville, mais tout était fermé. Pour aller de notre hôtel au logement de la tante de mon amie, nous avions une demi-heure de marche. Lorsque nous les avons faits, nous avons croisé dix à quinze personnes… Dans une ville qui compte un million d’habitants. C’était comme dans un film de science-fiction une ville fantôme, abandonnée », raconte aujourd’hui le jeune homme qui s’est démené pour trouver une solution de rapatriement.

Sans permis international, ni moyen de locomotion, le Français s’est senti pris au piège. Alors que le premier avion affrété par le Quai d’Orsay prenait son envol, il a eu l’impression « de se sentir abandonné par les autorités ». Finalement, le consulat de Wuhan a tout fait pour lui trouver un laissez-passer auprès des autorités chinoises. Grâce à sa belle-famille, moyennant finance, un chauffeur a accepté de le convoyer jusqu’à l’aéroport fermé depuis quinze jours et d’où un avion anglais devait le 8 février.

Galères et laissez-passer

« Nous avons obtenu le laissez-passer le vendredi soir, sans quoi on ne pouvait pas sortir de la ville », insiste Hugues qui a atterri sur une base militaire près de Londres ce week-end, avant d’être rapatrié à Istres. Comme ses compagnons de galère, il a fait l’objet d’un test, négatif. Bon gré, mal gré, il prend avec bonne humeur et philosophie le fait de devoir rester confiner à Aix encore quelques jours, son entreprise lui ayant assuré de ne pas s’inquiéter.

« Nous avons vraiment été bien accueillis, ils essaient d’organiser les choses pour que cela se passe au mieux. Je suis soulagé d’avoir pu rentrer même si je pense à ma copine que j’ai dû laisser en Chine et qui est toujours à Gong’An. Elle ne sait rien : certes ils ont les chiffres, le nombre de morts, de cas suspects, mais ne savent pas quand le confinement sera levé, comment et quand elle va pouvoir rentrer chez elle, au nord de l’Hubei », déplore le Tarnais.

Lui compte aujourd’hui les jours qui le séparent du 23 février, date à laquelle la quarantaine s’achèvera. Il pourra alors retourner bosser, avec une joie non dissimulée et une drôle d’aventure à raconter.