Réforme des retraites : Nicole Belloubet demande aux avocats de suspendre leur grève

JUSTICE Les avocats ont décidé, vendredi, de poursuivre leur mobilisation contre la réforme du gouvernement

Alexia Ighirri

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Mobilisation des avocats pour protester contre la réforme des retraites (Archives)
Mobilisation des avocats pour protester contre la réforme des retraites (Archives) — BUFKENS/SIPA

Malgré les propositions du gouvernement, la contestation des avocats contre la réforme des retraites ne faiblit pas. Si bien, qu’ils ont décidé vendredi soir la poursuite de leur mobilisation. Chose que la ministre de la Justice Nicole Belloubet a dit samedi « regretter ».

La garde des Sceaux leur a également demandé de suspendre ce mouvement en insistant sur le dialogue. Selon elle, « la poursuite de ce mouvement contribue à dégrader le fonctionnement du service public de la justice au détriment des justiciables et à tendre les relations entre les avocats, d’une part, et les magistrats et les greffiers, d’autre part (…) ». Nicole Belloubet en appelle « à la responsabilité de chaque avocat au sein de son barreau ».

Les avocats veulent un simulateur et des aménagements

Elle a rappelé les « trois engagements du gouvernement » : « pas de baisse des pensions » ; « pas de doublement des cotisations, ni même d’augmentation brutale » tout en soulignant que « le gouvernement a indiqué qu’il était prêt à retenir d’autres scénarii lissant davantage encore cette hausse » ; et enfin le « maintien de la caisse de retraite des avocats (retraite et prévoyance) qui restera l’interlocuteur unique de la profession ».

Les avocats ont exigé vendredi que le gouvernement « mette à disposition un simulateur fiable leur permettant de vérifier l’exactitude des projections ». Ils se sont dits également prêts à « répondre à l’invitation du gouvernement d’examiner d’éventuels aménagements sur les scénarii d’intégration dans le système universel ».

Un doublement des cotisations, selon les avocats

Nicole Belloubet a indiqué samedi que « le gouvernement prend acte du fait que le Conseil national des barreaux accepte de discuter » de ces aménagements et « des conditions d’exercice de la profession, notamment pour accompagner l’entrée des jeunes dans la profession et ceux qui assurent la défense des justiciables les moins aisés ».

Les avocats, qui cotisent pour leur retraite à une caisse autonome, sont vent debout contre le projet de réforme qui prévoit, selon le Conseil national des barreaux, de doubler les cotisations retraites (de 14 à 28 %) pour les avocats gagnant moins de 40.000 euros par an, et les pensions, actuellement au minimum de 1.400 euros net, passeraient à 1.000 euros.

Depuis le 6 janvier, les avocats ont demandé des renvois d’audience, fait des grèves du zèle en plaidant des heures ou encore multiplié les demandes de mise en liberté.