La Nièvre renonce à son retour aux 90 km/h à cause de « contraintes exorbitantes »

VITESSE Il n’y aura donc pas de dérogation aux 80 km/h pour les Nivernais

J.-L.D. avec AFP

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Un panneau 90 km /heure, illustration
Un panneau 90 km /heure, illustration — G. VARELA / 20 MINUTES

Le président du conseil départemental de la Nièvre, Alain Lassus ( PS), a dénoncé ce vendredi les « contraintes exorbitantes » imposées par l’Etat pour  un retour aux 90 km/h, qui conduisent le département à y renoncer.

« Les contraintes imposées par l’Etat sont exorbitantes et remettent en cause la volonté initiale des élus départementaux de faire bénéficier les Nivernais de cette dérogation aux 80 km/h », a fustigé Alain Lassus dans un communiqué, invoquant des coûts élevés et un risque juridique.

Plus de 300 millions d’euros nécessaires

« Les 450 km de routes concernées dans la Nièvre supposeraient un effort de plus de 300 millions d’euros par le département, tandis que son budget routes annuel s’élève à 10 millions d’euros, ouvrages d’art inclus », a-t-il expliqué.

Par ailleurs, « l’insécurité juridique que ferait peser une telle mesure sur les élus en cas d’accident est proprement inacceptable », a-t-il ajouté, confirmant le renoncement du département à relever la vitesse sur ses routes.

« Donner un avis systématiquement défavorable »

Les élus de la Nièvre, qui avaient d’abord envisagé de relever la vitesse sur certains tronçons avant d’y renoncer « devant les conditions extrêmement strictes » de la loi d’orientation des mobilités, attendaient de recevoir le cadre officiel pour un éventuel retour aux 90 km/h.

Une circulaire du ministère de l’Intérieur, en date du 15 janvier, permet, à la demande de présidents de conseils départementaux, de déroger localement à la limitation de 80 km/h sur les routes secondaires à deux sens sans séparateur central. Les élus locaux doivent motiver leur décision et respecter certaines conditions avant de prendre une telle décision.

Estimant que les tronçons de route concernés doivent faire « au moins 10 km », la circulaire demande aux préfets de « donner un avis systématiquement défavorable » sur les tronçons où il y a « des arrêts de transports en commun », de la circulation d’engins agricoles et de riverains, ou « traversés de chemins de grande randonnée ou de véloroutes » (pistes cyclables de moyenne ou longue distance).