Réforme du bac :Jean-Michel Blanquer prêt à « faire évoluer » les prochaines épreuves de contrôle continu

REPRISE La première série des E3C ont été largement perturbées pendant tout le mois de janvier

20 Minutes avec AFP

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Jean-Michel Blanquer est ministre de l'Education nationale depuis mai 2017.
Jean-Michel Blanquer est ministre de l'Education nationale depuis mai 2017. — Louise MERESSE/SIPA

Le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer s’est dit prêt jeudi à « faire évoluer » les prochaines épreuves de contrôle continu (E3C) prévues à partir d’avril et dont la première session est actuellement perturbée dans de nombreux établissements. Depuis leur lancement le 20 janvier, ces épreuves appelées E3C suscitent la colère des syndicats, des professeurs et de lycéens qui veulent « faire barrage » à cette réforme du bac qui va, selon eux, aggraver les inégalités.

« Dans l’immense majorité des cas, ça s’est passé de manière normale, dans d’autres cas il y a des critiques et il faut bien sûr les entendre », a reconnu Jean-Michel Blanquer jeudi, répondant à des journalistes. Selon le ministre, pour le moment 85 % des établissements ont pu passer les épreuves normalement, et 15 % ont été perturbés. Parmi ceux-ci, « un bon tiers » ont dû reporté les épreuves, tout au long du mois de février.

43 % de lycées perturbés

Le premier syndicat des chefs d’établissement (SNPDEN) estime de son côté que les épreuves se sont passées correctement dans 87 % des établissements mais que des perturbations mineures ont eu lieu dans 43 % des lycées. Les personnels de direction ont été parfois pris à partie lors de ces mobilisations. Le comité de suivi du nouveau bac doit tirer le bilan de la première session d’épreuves en mars. Selon l’un de ses membres, il devrait proposer d’alléger nettement leur organisation pour la deuxième session.

« Le problème n’est pas l’organisation des E3C, mais le fait que des personnes les troublent », a estimé le ministre. Dans le cas, où les épreuves ont été perturbées ou reportées, il a assuré que l’institution regardait « au cas par cas » comment faire pour qu’ils aient bien une note à la fin.

Les perturbations n’ont pas cessé cette semaine.

A Bordeaux jeudi, environ 200 opposants à la réforme des retraites et du bac, rejoints par le candidat aux municipales Philippe Poutou, ont érigé devant l’entrée principale du rectorat un « mur du mépris » en parpaing pour dénoncer la politique gouvernementale et la répression policière. « C’est le mur du mépris, car on n’a aucune réponse de la part de notre ministère depuis plusieurs mois, plusieurs semaines », sur la réforme du bac et des retraites, a déclaré Jean-Pascal Meral, secrétaire académique du Snes-FSU.

La rectrice de l’académie Anne Bisani-Faure « a condamné l’entrave à l’accès aux postes de travail des agents du rectorat ». Mercredi, au lycée Victor et Hélène Basch, des épreuves qui avaient été reportées ont été organisées sous protection policière, pour les élèves de deux lycées particulièrement mobilisés. A proximité du lycée, plus d’une dizaine de fourgons de police étaient stationnés et une dizaine d’entre eux filtraient l’accès durant la matinée, face à une cinquantaine de manifestants.