Lyon : Condamné pour discrimination envers une danseuse, le directeur du ballet de l’Opéra vient d’être licencié

ENQUETE Yorgos Loukos avait été condamné en décembre à verser 5.000 euros de dommages et intérêts à une ancienne danseuse, dont le contrat n'avait pas été renouvelé à son retour de congé maternité

J.Lau. avec AFP

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Photo d'illustration de l'opéra de Lyon.
Photo d'illustration de l'opéra de Lyon. — XAVIER VILA/SIPA
  • Condamné en décembre pour discrimination, le directeur du ballet de l’Opéra de Lyon Yorgos Loukos vient d’être licencié.
  • Yorgos Loukos aurait demandé en 2014 le non-renouvellement du contrat d’une danseuse à son retour de congé maternité.
  • Ce dénouement est symbolique des langues se déliant de plus en plus dans le monde très réservé de la danse classique, et ce depuis le mouvement #MeToo.

Yorgos Loukos n’est officiellement plus à la tête du ballet de l'Opéra de Lyon. Un conseil d’administration extraordinaire de la structure culturelle lyonnaise vient en effet de voter à l’unanimité en faveur du licenciement de Yorgos Loukos. A la tête du ballet de ce ballet depuis 1991, celui-ci avait été condamné en décembre en appel pour discrimination.

La raison ? Avoir demandé le non-renouvellement du contrat d’une danseuse à son retour de congé maternité. Outre une amende de 1.500 euros avec sursis et 5.000 euros de dommages et intérêts à verser à cette ancienne danseuse, Yorgos Loukos (67 ans) a donc perdu son poste deux mois plus tard, comme le réclamait le syndicat des artistes professionnels, le SNAM-CGT.

Les langues se délient dans le monde de la danse classique

Les faits remontent à 2014, lorsque Karline Marion (34 ans) est en CDD à l’Opéra de Lyon depuis cinq ans, à un moment crucial où son contrat sera requalifié en CDI en cas de sixième renouvellement. Mais deux jours après son retour de congé maternité, une lettre lui signifie son non-renouvellement. Le directeur du ballet explique sa décision auprès de la ville de Lyon en évoquant « une faiblesse physique et stylistique » et « un style trop classique », pour une danseuse qui a effectué une partie de sa carrière au ballet Béjart.

Lors d’un entretien quelques jours plus tard, enregistré par Karline Marion, Yorgos Loukos explique : « Si entre 29 et 34 ans, tu as fait pas mal, mais pas beaucoup, ce n’est pas entre 35 et 40 ans que tu vas faire plus, en plus avec un enfant ». Dans le monde très réservé de la danse classique, les langues se délient depuis le mouvement #MeToo et des cas de discrimination et de harcèlement sexuel et moral sont révélés au grand jour, et (enfin) sanctionnés.