On vous dit quelles sont les villes les plus vélo-friendly de France (et la roue tourne)

PALMARES La Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB) a dévoilé ce jeudi soir le très attendu palmarès des villes les plus cyclables. Il réserve quelques surprises

Elsa Provenzano

— 

Illustration: Pratique du vélo à Strasbourg.
Illustration: Pratique du vélo à Strasbourg. — G. VARELA / 20 MINUTES
  • La Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB) a dévoilé ce jeudi soir le très attendu palmarès des villes les plus cyclables, selon les avis des pratiquants.
  • Parmi les grandes villes, de 100.000 à plus de 200.000 habitants, le classement réserve quelques surprises, puisque Strasbourg n’est plus la ville la plus cyclable de France.
  • Le baromètre traduit aussi, pour la première année, une forte envie de développement des politiques cyclables dans des villes moyennes et de petites tailles.

Quelles sont les villes les plus vélo-friendly ? La fédération française des usagers de la bicyclette (FUB), qui tient son congrès annuel à Bordeaux, a dévoilé ce jeudi soir le très attendu palmarès des villes les plus cyclables  du point de vue de ceux qui pédalent et il réserve quelques surprises. Si les cités les plus adeptes de la petite reine restent en bonne position, le classement rebat un peu les cartes et montre une appétence particulière pour le vélo dans les villes moyennes ou de petites tailles.

Strasbourg et Bordeaux dépassées

Si elle arrive en tête du classement des villes de plus de 200.000 habitants, « Strasbourg n’est plus la ville la plus cyclable de France », souligne Olivier Schneider, président de la FUB, car sa note (4,02 sur 6) est un peu en dessous de celle de Grenoble (4,12 sur 6), qui ne joue cependant pas dans la même catégorie. La capitale alsacienne reste un modèle pour les politiques cyclables en France qui ont été déployées avec « 30 ans d’antériorité », créant de vraies habitudes de déplacements à vélo chez les habitants. Néanmoins depuis deux ans, il estime que les usagers sont un peu déçus et « attendent d’aller vers quelque chose de plus ambitieux ».

Nantes et Rennes arrivent respectivement en deuxième et troisième positions, avec une petite progression de Rennes de 3,38 à 3,46. « A Nantes on est à présent consultés sur les grands projets et nos propositions sont entendues », se félicite Annie-Claude Thiolat, de l’association nantaise Place aux vélos. Paris, qui passe de 3,16 à 3,24 arrive juste après Rennes, ex aequo avec Bordeaux. « Il y a, dans la capitale et à Grenoble, la capacité d’établir des stratégies de développement du vélo sur dix ans », apprécie Olivier Schneider.

La capitale girondine, qui avait décroché la troisième place en 2017, a été dépassée par sa voisine de l’ouest mais reste à un bon niveau. L’interdiction du pont de pierre aux voitures en a fait l’infrastructure la plus utilisée par les cyclistes en France (soit 12.000 passages par jour). « Cela a été une décision courageuse, salue Oliviert Schneider. Mais il faut en effet des choses plus ambitieuses, en gérant mieux les places, les intersections et en apportant des connexions, de la fluidité, et c’est une critique que l’on peut adresser à beaucoup de villes ». « Il y a un manque de cohérence qui provoque une certaine discontinuité, notamment parce que les livraisons d’aménagements se font par tronçons », renchérit Orianne Hommet, coordinatrice de l’association bordelaise Vélo-cité.

Une appétence inédite des petites villes

Si les cyclistes de 400 communes se sont manifestés pour répondre aux questionnaires de la FUB en 2017, ils ont été beaucoup plus nombreux en 2019 avec 768 communes représentées au total. « C’est la grande nouveauté de l’enquête, estime Olivier Schneider. Il y a une appétence très large des futurs cyclistes. C’est très prometteur et cela montre que la mise en place de politiques cyclables serait très efficace sur ces communes ».

Parmi ces villes, se distingue Saint-Lunaire, ville balnéaire bretonne de 2.500 habitants, qui décroche la meilleure note du classement, toutes catégories confondues (4,47). Quelque 77 cyclistes de cette petite commune ont répondu au baromètre et mettent en avant les efforts de la municipalité qui a par exemple élargi les trottoirs pour en faire une piste partagée par les piétons et cyclistes, installé des parkings à vélo, notamment aux abords des plages et organisé des opérations de sensibilisation dans les écoles à raison d’une semaine par an.

« L’année dernière, un nouveau lotissement a été construit à Saint-Lunaire et une piste cyclable a été prévue pour rallier l’école primaire, se félicite Bruno Câliné, président de l’association Dinard Emeraude à vélo. C’est un exemple qui montre que ce type d’aménagement est devenu un réflexe et les choses se font maintenant naturellement ». Au printemps, un projet de vélobus, soit une organisation à vélo du ramassage scolaire par des parents d’élèves, doit voir le jour sur cette commune.

Pour l’association, Saint-Lunaire est l’exemple à suivre pour développer la mobilité sur toute la communauté de communes. « Il y a déjà la volonté d’aménager les tronçons entre les entrées de communes pour assurer une continuité des aménagements cyclables entre les hameaux », souligne Bruno Câliné.

C’est dire si l’envie de vélo n’est plus l’apanage des urbains mais irrigue bien jusqu’aux petites communes françaises, aux capacités de mise en œuvre parfois accélérées par rapport aux grandes métropoles.