Viticulture : La révision de la géographie de l’AOC Bourgogne fait bondir les professionnels du secteur

PICHET Une réforme de l’AOC pourrait enlever certaines communes du périmètre du bourgogne

20 Minutes avec AFP

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Les vendanges dans les vignes de Bourgogne. (archives)
Les vendanges dans les vignes de Bourgogne. (archives) — KONRAD K./SIPA

Les viticulteurs bourguignons ne décolèrent pas. Face à un projet de révision de l’aire d’appellation de l’AOC Bourgogne, examiné jeudi par le comité national de l’Inao qui gère les appellations agricoles françaises, ils dénoncent l’amputation de « secteurs entiers de la Bourgogne historique ». La nouvelle délimitation proposée par l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) conduirait ainsi à « sortir 64 communes de Bourgogne de l’aire de production de l’AOC Bourgogne », en particulier dans les secteurs de Chablis, de Dijon et du nord de la Côte-d’Or, s’alarment les organisations professionnelles bourguignonnes.

Le projet de l’Inao maintiendrait en revanche la moitié des communes du Beaujolais qui peuvent déjà prétendre à l’appellation aujourd’hui, soit une quarantaine sur 386 qui composent la Bourgogne viticole, ce qui a achevé de mettre le feu aux poudres. « La Bourgogne c’est la Bourgogne. Et le Beaujolais, c’est le Beaujolais », martèlent en coeur, depuis fin janvier, vignerons et élus de Côte-d’Or, de Saône-et-Loire et de l’Yonne, craignant une délocalisation de la production, une surproduction et à terme une baisse de l’image et du cours du bourgogne.

Une première étape seulement

Les vignerons sont pourtant à l’origine de cette demande de révision, un dossier ouvert en 2000 : « La Bourgogne n’a jamais achevé son travail de délimitation initié en 1937 », une situation « devenue aujourd’hui problématique », expliquent leurs représentants. Aujourd’hui on est dans la phase d’étude », tempère Gilles Flutet, responsable du service Territoires et Délimitation de l’Inao, qui se veut rassurant : s’il était validé jeudi, le projet ne serait pas immédiatement « inscrit dans le marbre » et « toutes les réclamations seraient étudiées » lors d’une consultation publique.

Pour établir cette nouvelle délimitation, le responsable met en avant la nécessité de « travailler sur des critères objectifs », sans se limiter au sol et au cépage. « Les experts ont pour mission de définir ce qu’est la Bourgogne viticole » et se basent sur des éléments « liés au milieu naturel, mais aussi aux pratiques et usages », explique-t-il. Les zones qui sortiraient de l’aire d’appellation ne choisissent d’utiliser que « très peu » l’AOC Bourgogne, souligne Gilles Flutet, qui prend en exemple la préférence souvent donnée à l’AOC Chablis dans l’Yonne.

Des secteurs en bourgogne depuis des siècles

Des arguments qui passent mal chez les viticulteurs. « On a du mal à comprendre comment on peut proposer d’exclure de la Bourgogne des producteurs qui y sont depuis des siècles », lance Thiébault Huber, président de la Confédération des appellations et vignerons de Bourgogne. Il faut « enterrer » cette proposition dont les critères sont « proprement inacceptables » avant de « revoir la méthode de travail avec l’Inao pour coconstruire le dossier de délimitation », assène-t-il.

Les vignerons de Bourgogne appellent à un rassemblement jeudi devant le siège de l’Inao à Montreuil (Seine-Saint-Denis) où le comité national discutera du projet de révision.