Congé de deuil parental : Edouard Philippe « assume » la « part de responsabilité du gouvernement »

PROPOSITION DE LOI Les députés LREM ont rejeté la semaine dernière la proposition de loi visant à allonger la durée du congé pour la perte d’un enfant, suscitant de vives critiques de toutes parts

20 Minutes avec AFP
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Edouard Philippe, le 31 janvier 2020 au Havre.
Edouard Philippe, le 31 janvier 2020 au Havre. — LOU BENOIST / AFP

Réunion houleuse avec les députés LREM ce mardi. Edouard Philippe est revenu sur le refus de l’allongement du congé après le décès d’un enfant par l’Assemblée nationale, déclarant « assumer » la « part de responsabilité du gouvernement » sur ce dossier, selon des participants à cette réunion.

Sur « ce sujet devenu une espèce de boule de feu », « probablement, sûrement, une part de responsabilité vient du gouvernement. Je l’assume. Je suis le chef du gouvernement », a-t-il déclaré lors de cette réunion à huis clos pendant laquelle il a pris la défense de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, en présence de la ministre. « Tous ceux qui iront chercher la responsabilité ailleurs, sur Muriel, en interne ou en externe, je leur dis merde ! », a-t-il martelé, sous les applaudissements.

Des députés « envoyés au front »

« Nous n’avons pas su collectivement expliquer notre position, ni nous adapter. Les critiques nous font très mal », a encore reconnu le Premier ministre, qui entend « sortir » de cette situation par le haut. Plusieurs députés qui étaient présents lors du vote litigieux jeudi dernier ont toutefois pris la parole, refusant qu’on dise « qu’ils ont voté par loyauté », et rejetant l’idée d’une « erreur », la proposition centriste d’allongement du congé deuil étant « mal ficelée » selon eux.

« On assume le vote sur un mauvais texte sur un sujet sensible sur lequel on a des propositions bien plus efficientes et plus protectrices pour plus de personnes », a affirmé à l’AFP une élue, plusieurs intervenants disant devant leurs collègues leur « colère » et leur impression « d’avoir été envoyés au front et lâchés ».

« On est nombreux à prendre cher »

Un député a dénoncé un « emballement médiatique » créé par Emmanuel Macron lui-même par son intervention samedi dans ce dossier, où le chef de l’Etat a demandé de « l’humanité », selon un participant. Présente lors de la réunion mardi matin, Muriel Pénicaud a elle aussi critiqué un texte centriste « mal ficelé », et souligné que depuis jeudi, « on est nombreux à prendre cher ».

Pour la première vice-présidente du groupe, Marie Lebec, « on a loupé le sujet ». « Je n’ai pas du tout aimé cette expression d’erreur collective. C’est une erreur de management du gouvernement et du groupe », a-t-elle déclaré, toujours selon des propos rapportés. « Je n’accepte pas que des ténors qui se revendiquent de la majorité traitent les parlementaires de la majorité de “cons” quand la seule connerie a été d’être loyal » a aussi lancé Aurore Bergé, selon un participant.

Un texte à « améliorer »

Évoquant un « épisode douloureux », le président de l’Assemblée, Richard Ferrand, a lui plaidé pour « se serrer les coudes ». Plusieurs députés ont également appelé à reprendre la main pour « aller plus loin » que ce que proposait le texte UDI-Agir, via une nouvelle proposition de loi, plutôt que de laisser les débats se poursuivre lors de la navette au Sénat, ont encore rapporté des participants.

Plus tard dans la journée, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le Premier ministre a convenu devant les députés qu’il fallait « probablement » augmenter la durée de ce congé. « Faut-il étendre ce délai [de cinq jours] ? Probablement », a répondu le chef du gouvernement. Il a également appelé à « améliorer encore ce texte » et fait valoir son « humilité » sur la question.