Affaire Mila : Ségolène Royal ne veut pas faire de l’adolescente une égérie de la liberté d’expression

POLEMIQUE « Critiquer une religion, ça n’empêche pas d’avoir du respect », a estimé l’ex-ministre de l’Environnement, à propos des déclarations polémiques de l'adolescente sur l’Islam

F.P.

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Ségolène Royal, le 23 janvier 2020, à Marseille.
Ségolène Royal, le 23 janvier 2020, à Marseille. — Christophe SIMON / AFP

 L’Affaire Mila à nouveau relancée. Dimanche, c’est Ségolène Royal, invitée de l’émission « Dimanche en politique » sur la chaîne France 3. qui est revenu sur les déclarations sur l’Islam de l’adolescente, tenues il y a quinze jours sur son compte Instagram.

L’adolescente iséroise avait notamment déclaré : « L’Islam est une religion de haine. Le Coran c’est de la merde […] Votre religion, c’est de la merde, votre dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul, merci au revoir. »

« Absolument pas Mila »

Depuis, la jeune Iséroise est la cible d’insultes et est visée par des menaces de morts, au point d’avoir dû être déscolarisée.

Interrogée sur le sort de l’adolescente, l’ancienne ministre de l’Environnement a expliqué qu’elle n’aurait « absolument pas » partagé le mot-clé #JeSuisMila lancé pour soutenir la lycéenne. « Il y a une liberté de critiquer les religions, mais moi je refuse de poser le débat sur la laïcité à partir de déclarations d’une adolescente de 15 ans (Mila en a en réalité 16), parce que ce n’est pas à partir de comportements comme ceux-là qu’on peut poser sérieusement la question de la laïcité », a-t-elle précisé.

« Critiquer une religion, ça n’empêche pas d’avoir du respect »

« Critiquer une religion, ça n’empêche pas d’avoir du respect. Ça n’empêche pas d’avoir de l’éducation, de la connaissance, d’être intelligent par rapport à ce qu’on dit, a poursuivi l’ancienne ministre de l’Environnement. Une adolescente, qui est peut-être encore en crise d’adolescence, si elle avait dit la même chose sur son enseignant, sur ses parents, sur sa voisine, sur sa copine, qu’est-ce qu’on aurait dit ? On aurait tout simplement dit : “Un peu de respect” ».

Ces nouvelles déclarations sur l’affaire Mila ont suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux.