Le directeur général de la sécurité civile visé par une enquête préliminaire pour harcèlement

ENQUETE La plaignante dénonce des faits qui se seraient déroulés entre 2015 et 2016, lorsqu’elle était en poste en Corse au même moment qu’Alain Thirion

B.D. avec AFP

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Illustration: Le préfet de l'Aude Alain Thirion (G), ici avec le président Emmanuel Macron et des habitants des zones sinistrées par  les inondations à Villalier, le 22 octobre 2018.
Illustration: Le préfet de l'Aude Alain Thirion (G), ici avec le président Emmanuel Macron et des habitants des zones sinistrées par les inondations à Villalier, le 22 octobre 2018. — HORCAJUELO / POOL / AFP

Alain Thirion, ancien préfet de Haute-Corse et actuel directeur général de la sécurité civile, est visé par une enquête préliminaire pour harcèlement moral et sexuel après la plainte d’une ex-sous-préfète de Calvi (Haute-Corse), a-t-on appris ce samedi auprès du parquet.

Anne Ballereau, ancienne sous-préfète de Calvi, a déposé plainte le 30 décembre contre Alain Thirion au commissariat de Bastia, selon une source proche du dossier, confirmant une information révélée par Corse-Matin. Contacté par l’AFP, Alain Thirion a déclaré qu’il ne souhaitait « pas faire de commentaires à ce stade ». « Je n’ai pas connaissance du contenu de cette plainte. Je suis à la disposition des services en charge de l’enquête et fais pleinement confiance à la justice pour établir la vérité ».

Harcèlement moral dans le cadre du travail et harcèlement sexuel

Dans sa plainte, que l’AFP a pu consulter, Anne Ballereau dénonce des faits qui se seraient déroulés entre 2015 et 2016, lorsqu’elle était en poste en Corse au même moment qu’Alain Thirion. Ce dernier a quitté l’île en 2017. Une enquête préliminaire a été confiée à la police judiciaire de Bastia « des chefs de harcèlement moral dans le cadre du travail et harcèlement sexuel par une personne abusant de l’autorité que lui confèrent ses fonctions », a indiqué Caroline Tharot, procureure de la République de Bastia.

La plaignante assure notamment qu’Alain Thirion, qui était son supérieur hiérarchique, a insisté à plusieurs reprises pour qu’elle dorme à la préfecture, ajoutant que sa femme était « sur le continent » et lui intimant de ne pas faire « la difficile ».

« Je suis à 30 minutes de Calvi, je dors chez toi »

A d’autres occasions, il l’a appelée en lui disant : « Je suis à 30 minutes de Calvi, je dors chez toi », affirme-t-elle aussi. « J’ai eu le sentiment qu’il jouait avec moi, que j’étais une proie », déclare encore dans sa plainte Anne Ballereau, décrivant son sentiment de malaise et ses stratégies d’évitement.

Elle décrit un homme très familier, qui dès leur première entrevue qu’il lui demande d’organiser en tête-à-tête dans un restaurant un dimanche midi lui demande « qui couche avec qui » à la préfecture. Le lendemain de ce déjeuner et une visite de l’Ile-Rousse qu’il lui impose, le préfet aurait déclaré devant 30 personnes avoir « passé des bons moments avec la sous-préfète hier ».

Elle décrit aussi une attitude très « tactile » : des bises forcées, un bras passé autour de sa taille « toujours sur le ton de la rigolade devant des gens ». Anne Ballereau reproche aussi à Alain Thirion des humiliations professionnelles. Ce dernier la faisait « passer pour incompétente », affirme-t-elle.