Saintes: Quatre ans de prison pour le « gourou » d’un prétendu groupe antipédophile

CONDAMNATION L’ancien gendarme, déjà condamné pour ces faits en août 2018, avait été extradé du Venezuela en décembre dernier

20 Minutes avec AFP

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Vue de la ville de Saintes en Nouvelle-Aquitaine, le 9 décembre 2019.
Vue de la ville de Saintes en Nouvelle-Aquitaine, le 9 décembre 2019. — imageBROKER.com/SIPA

Un ancien gendarme devenu « gourou » d’un groupuscule complotiste, qui projetait d’enlever à leur père des enfants menacés, selon lui, de pédophilie, a été condamné vendredi à quatre ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Saintes. Christian Maillaud, 52 ans, avait déjà été condamné pour ces faits en août 2018 mais était alors en fuite. Finalement arrêté au Venezuela, il a été extradé en décembre dernier, et était détenu depuis.

La mère des enfants impliquée

L’homme, jugé pour association de malfaiteurs en vue de préparation d’un enlèvement, était accusé d’avoir projeté d’enlever en 2012 trois enfants qui vivaient chez leur père à Montendre, dans le sud de la Charente-Maritime. La mère des enfants, aujourd’hui âgés de 19, 18 et 13 ans, avait orchestré elle-même cet enlèvement. Elle avait déjà réussi à les kidnapper de décembre 2008 à avril 2011, avant d’être retrouvée avec eux près d’Alès (Gard) par les gendarmes. Elle accusait alors sa belle-mère, ainsi que son ex-compagnon, de pédophilie et avait en vain tenté de faire constater ces sévices par des médecins. En 2015, la justice l’avait déclarée irresponsable pénalement pour troubles délirants.

Christian Maillaud, qui dit avoir été gendarme de 1986 à 1992 en Rhône-Alpes et Guyane, une carrière toutefois difficile à retracer, avait été qualifié de « gourou charismatique » au premier procès. « C’est quelqu’un qui a un ascendant, qui veut ses adeptes, il pratique la manipulation mentale », a redit vendredi le procureur Mathieu Auriol.

Déjà condamné en 2009 pour avoir soustrait un enfant qu’il affirmait en danger, Christian Maillaud avait pris la tête d’un petit groupe d’activistes adhérant à diverses théories complotistes, et qui prétendait sauver des enfants de la pédophilie. Dans des vidéos postées régulièrement sur Internet, le quinquagénaire, se présentant comme « Stan » sur la toile, dénonçait l'« organisation pédocriminelle satanique qui est l’organe judiciaire » et le « procès d’inquisition » d’août 2018.

Une cinquantaine de partisans à l’extérieur du tribunal

A l’audience vendredi, l’homme, grand, musclé, s’exprimant bien et constamment n’a cessé de répéter que « la justice ne voulait pas l’entendre », justifiant ses actes par le « devoir de mettre fin à un délit ». « Il ne parle que de son nombril, il considère qu’une décision de justice ce n’est pas la justice, parce qu'(à ses yeux) nous sommes coupables de protéger les réseaux pédophiles », a plaidé l’avocate du père et des enfants, Me Francesca Sata. « Sa façon de raisonner lui interdit de rester dans un cadre (légal) ».

Christian Maillaud a également été condamné à verser au total 12.000 euros de dommages et intérêts au père et aux trois enfants. A l’extérieur du tribunal, une cinquantaine de partisans du prévenu ont affirmé après l’audience qu’ils poursuivraient son combat contre les pédophiles.