Réforme du bac : Le climat de tension perdure autour des nouvelles épreuves

CONFLIT Les épreuves « E3C » continuent d’être perturbées un peu partout en France

20 Minutes avec AFP

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Jean-Michel Blanquer est ministre de l'Education nationale depuis mai 2017.
Jean-Michel Blanquer est ministre de l'Education nationale depuis mai 2017. — RTL-BUKAJLO/RTL/SIPA

A peine installée et déjà du plomb dans l’aile : depuis dix jours, la tension ne retombe pas autour des épreuves de contrôle continu du nouveau bac voulu par Jean-Michel Blanquer, avec des dizaines d’établissements bloqués chaque jour. Ces épreuves d’histoire-géo, de langues vivantes et de mathématiques pour la voie technologique, ont donné le coup d’envoi du bac nouvelle formule et s’échelonnent jusqu’en mars pour les élèves de Première. Elles sont réparties en trois sessions sur les années de première et terminale et comptent pour 30 % de la note finale.

Depuis le début, des syndicats, des professeurs et lycéens appellent à diverses actions pour « faire barrage » à ce nouveau bac qui va créer des inégalités, estiment-ils. Cette menace s’est traduite dès son coup d’envoi, par le blocage de plusieurs dizaines d’établissements dans l’Hexagone et en outre-mer, et par le report d’épreuves dans 70 à 130 lycées selon les sources, sur 1.600 lycées publics au total.

Blanquer mutique

Le ministre de l’Education, mutique sur les derniers jours, avait assuré le 21 janvier que ces épreuves, appelées « E3C » dans le jargon, se passaient « dans l’immense majorité des cas en toute sérénité ». Sur le terrain cette semaine les perturbations ont continué. A Rennes jeudi, les pompiers et pompières ont dû intervenir pour éteindre un début d’incendie dans un lycée où 350 élèves passaient des épreuves.

Les tensions se cristallisent sur la forme des ces épreuves : élèves mais aussi professeurs, parents et proviseurs dénoncent la combinaison entre contrôle continu et baccalauréat classique qui ne convient au final à personne. « Nous demandons un contrôle continu pur et dur, prenant en compte les bulletins de note, avec également un maintien d’épreuves finales étalées sur les années de première et terminale, mais réduites », explique Philippe Vincent, à la tête du SNPDEN (premier syndicat de proviseurs).

Un comité de suivi

Il pointe « le format trop lourd » des premières épreuves de contrôle continu du moment, qui se font dans un cadre « trop strict – avec des convocations individuelles par exemple – et qui sont incompatibles avec le bon fonctionnement des établissements ». Le premier syndicat du secondaire Snes-FSU est lui vent debout contre le contrôle continu et estime qu’il faut revenir d’urgence à des épreuves terminales en fin d’année, qui « garantissent aux élèves les conditions d’un bac national, garant de l’égalité devant l’examen », écrit-il dans un communiqué.

Au ministère, le comité de suivi du nouveau bac, réuni mercredi, tirera le bilan de cette première session en mars. Selon l’un de ses membres, il devrait proposer d’alléger nettement leur organisation pour la deuxième session d’épreuves qui démarre dès la fin du mois d’avril.