Marseille : Face à la grève des poubelles, la métropole stocke des déchets à même le sol

GREVE DES EBOUEURS La métropole a décidé d’entreposer des déchets sur un de ses terrains face à la grève des éboueurs mobilisés contre la réforme des retraites

Adrien Max
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Les déchets sont stockés à même le sol sur ce terrain appartenant à la métropole d'Aix-Marseille.
Les déchets sont stockés à même le sol sur ce terrain appartenant à la métropole d'Aix-Marseille. — Adrien Max / 20 Minutes
  • La métropole a stocké sur l’un de ses terrains des déchets contrairement à toutes les réglementations en vigueur.
  • Elle a fait ce choix face à la grève des éboueurs dans le cadre du conflit sur la réforme des retraites, pour des raisons d’hygiène, selon elle, mais aussi pour ne pas pâtir d’une mauvaise image à quelques semaines des élections municipales.
  • Les syndicats regrettent un manque de dialogue et accusent la métropole de mettre le feu aux poudres en ayant recours à d’autres solutions pour ramasser les déchets.

Des tonnes de déchets stockés entre une autoroute et un fleuve. Il faut emprunter une petite impasse, la traverse de la Bounaude, dans le 11e arrondissement de Marseille, pour arriver sur un terrain de la métropole d’Aix-Marseille. C’est ici, entre l’autoroute A50 et l’Huveaune que sont stockés des véhicules de nettoyage et des bennes de ramassage des ordures, derrière des bâtiments réservés aux employés. Et depuis mardi, des tonnes de déchets à même le sol, comme l’a révélé La Marseillaise alors que du sable a été fraichement disposé pour faciliter le passage des camions. 

Ce mercredi matin, le calme semble revenu. Mais les déchets n’ont pas disparu. Ils sont là, à la vue des voitures empruntant l’autoroute et à l’odeur des tours environnantes. « On ne sait pas combien de temps ça doit durer, les responsables doivent passer », lâche un employé. Quelques minutes plus tard, la métropole explique, elle, que le nettoyage est en cours. Mais force est de constater que les employés sont plus occupés à la pause déjeuner qu’à nettoyer.

« Ça a mis le feu aux poudres »

Ces déchets ont été entreposés à même le sol par la métropole, contrairement à toutes les réglementations en vigueur, face au mouvement de grève des agents de la métro dans le cadre du conflit sur la réforme des retraites. « Tout a démarré par la grève d’agents sur le site de collecte de la Cabucelle. Ces agents se sont aperçus que le ramassage avait été fait, malgré la grève. Soit par du privé, soit en ayant recours à des heures supplémentaires. Toujours est-il que ça a mis le feu aux poudres et le mouvement s’est durci », relate Serge Tavano, secrétaire général FSU à la métropole. Dans un communiqué commun avec la CGT, ils ont d’ailleurs dénoncé ces pratiques dès dimanche soir.

Du sable a été fraichement déposé au sol pour faciliter le passage des camions à ordures.
Du sable a été fraichement déposé au sol pour faciliter le passage des camions à ordures. - Adrien Max / 20 Minutes

Face à l’amoncellement de déchets dans les rues de Marseille, et en pleine période électorale, la métropole, dont la présidente LR Martine Vassal est candidate pour les municipales, a donc fait le choix de stocker ces déchets sur ce terrain. Plutôt que de pâtir de la mauvaise image des poubelles débordant à Marseille, une carte postale un peu trop récurrente.

Solution « préférable »

Même si la métropole se justifie différemment : « Déposer temporairement les déchets sur ces espaces est une solution préférable à celle de laisser les déchets dans les rues, ce qui poserait rapidement de graves problèmes d’hygiène et de salubrité publique. Ce terrain appartient à la Métropole et les agents de collecte évacuent les déchets au fur et à mesure du déblocage des centres de transfert. »

Serge Tavano appelle la métropole au dialogue. « C’est important qu’ils comprennent que si les rues sont nettoyées pendant que des agents perdent de l’argent, c’est faire comme si de rien était. C’est irrespectueux envers leur démarche. S’ils écoutaient nos revendications, ça pourrait apaiser les choses. Il y a un pas à faire de la part de l’administration de Martine Vassal », estime le syndicaliste. Pour la métropole, « la seule réelle solution serait que les grévistes cessent leurs blocages pour que le service puisse reprendre dans des conditions normales ». L’heure semble plutôt à remettre le couvercle sur la poubelle, même si elle déborde.