Malgré le Brexit, Steve, le plus Britannique des Albigeois, veut continuer à être conseiller municipal

SOCIETE Alors que le Royaume-Uni s’apprête à sortir de l’Union européenne ce 31 janvier, l’élu d’Albi pourra se présenter aux élections de mars grâce à sa double nationalité

Béatrice Colin

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Steve Jackson, conseiller municipal à Albi, dans le Tarn, est désormais franco-britannique.
Steve Jackson, conseiller municipal à Albi, dans le Tarn, est désormais franco-britannique. — DR
  • Ce 31 janvier, le Royaume-Uni s’apprête à quitter l’Union européenne.
  • Aujourd’hui, environ 700 ressortissants britanniques sont élus dans les conseils municipaux français.
  • Parmi eux, Steve Jackson, élu à Albi, qui, grâce à sa double nationalité, peut se représenter en mars prochain.

Son accent ne trompe pas, ni sa moustache « so british ». Steve Jackson est né de l’autre côté de la Manche. Mais c’est bien de ce côté-ci qu’il a décidé de s’installer il y a près de 40 ans, en posant ses valises à Albi, dans le Tarn. Bien avant que le Brexit soit à l’ordre du jour.

Après avoir exercé une carrière de formateur en anglais à la chambre de commerce, sa passion pour le vélo l’a poussé jusque sur les bancs du conseil municipal de la cité épiscopale.

« J’achève mon second mandat et si ça marche je repars pour un troisième. Je militais pour le vélo et j’écrivais régulièrement au maire sur la question des déplacements doux, c’est comme ça qu’il a fait appel à moi », se souvient l’élu délégué à la Sécurité routière, à l’accessibilité des voiries, aux personnes à mobilité réduite et à la valorisation des déplacements à vélo.

Il est l’un des 700 Britanniques à avoir un mandat d’élu local en France. Un investissement dans la vie de sa ville qu’il trouve légitime, un moyen de « remercier » ceux qui l’ont accueilli. « J’ai eu la chance de pouvoir rester, j’ai toujours voulu m’intégrer », insiste Steve Jackson. Poussé par sa femme, 100 % Française, il a demandé la nationalité il y a de plus de six ans.

Proeuropéen et fier de le rester

Contrairement à d’autres conseillers municipaux originaires de Grande-Bretagne pour qui la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne ce 31 janvier va tout changer, son passeport obtenu en 2014 va lui permettre de continuer. Un sésame qui lui permet aujourd’hui d’être à nouveau en campagne pour un troisième mandat. « Pour beaucoup, le Brexit est un saut dans le vide. Au-delà de ce qui se passe pour les élus, certains ressortissants ne savent même pas s’ils vont toucher leur retraite. Moi je suis totalement Européen. On s’est battu pour ça, l’Europe, c’est 75 ans de paix », assure Steve Jackson.

S’il accepte que l’issue du référendum soit respectée par sens démocratique, il trouve cela « dommage » « car on est toujours plus forts unis que divisés ». Un sentiment qu’il partage quotidiennement avec les Albigeois, car en sa qualité « d’Anglais de l’étape », le sujet du Brexit revient régulièrement dans les conversations. « Les gens sont choqués, je reçois des encouragements », assure Steve Jackson, le plus Tarnais des sujets de Sa Majesté.