« Gilets jaunes » à Besançon : Enquête ouverte après des insultes homophobes attribuées à un policier

MANIFESTATION Le préfet du Doubs a ouvert une enquête administrative à la suite d’une vidéo publiée par Radio Bip/Média 25

Nils Wilcke

— 

Un agent de police. (illustration)
Un agent de police. (illustration) — ALLILI MOURAD/SIPA
  • Le préfet du Doubs, Joël Mathurin, a demandé l’ouverture d’une enquête administrative, à la suite de propos homophobes qu’aurait tenus un policier lors d’une manifestation de « gilets jaunes » à Besançon, le 25 janvier dernier.
  • La scène a été filmée par une journaliste de Radio BIP/Média 25, un média associatif de Franche-Comté.
  • La séquence a suscité l’indignation sur les réseaux et des associations LGBT sont montées au créneau.

Le préfet du Doubs, Joël Mathurin, a demandé l’ouverture d’une enquête administrative, à la suite de propos homophobes qu’aurait tenus un policier lors d’une manifestation de « gilets jaunes » à Besançon, le 25 janvier dernier.

Ce jour-là, des manifestants étaient réunis devant le commissariat de la ville pour soutenir deux des leurs arrêtés plus tôt dans la journée. La scène a été filmée par une journaliste Radio BIP/Média 25, un média associatif de Franche-Comté. On voit une jeune manifestante être aspergée de gaz lacrymogène par un policier. Les manifestants ont alors répondu par en scandant des slogans contre la police.

La journaliste maintient sa version

Il a crié des insultes homophobes avant de la menacer, raconte à 20 Minutes la journaliste Emma Audrey. « On sentait qu’il était très en colère, ensuite, un gradé l’a écarté », précise-t-elle. S’agissait-il bien d’un fonctionnaire de police ? « Je filmais avec un micro pointé vers le policier car j’ai vu que la jeune manifestante était isolée ». Elle maintient sa version, remise en cause par une source policière dans L'Est Républicain.

« J’ai assisté à la scène, je suis journaliste professionnelle depuis plus de dix ans, je ne comprends pas pourquoi ils [la police] n’assument pas », dit-elle. La séquence a suscité l’indignation sur les réseaux et de nombreux internautes ont demandé aux autorités compétentes de réagir. « C’est un comportement qui arrive souvent lors des manifestations », observe Emma Audrey, qui se dit elle-même « surprise » par la viralité de sa vidéo.

« Aucun manquement à la déontologie ne saurait être toléré »

Les images de Radio Bip/Média 25 ont aussi fait monter au créneau les associations LGBT dont SOS homophobie qui dénonce des « propos inacceptables » et Flag qui lutte contre les discriminations contre les LGBT+ au sein de la police.

« Le préfet ne mésestime pas le climat de tension qui existait lors de cette confrontation, mais aucun manquement à la déontologie ne saurait être toléré », indique à 20 Minutes la préfecture du Doubs. Qui précise qu’une enquête a été ouverte dès que le préfet et son directeur de cabinet ont eu connaissance de la vidéo « dimanche soir ».