Discrimination : Le nombre de faits racistes et xénophobes a augmenté de 130 % en 2019

MINISTERE DE L'INTERIEUR 1.142 faits ont été comptabilisés contre 496 en 2018

J.-L.D. avec AFP

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Emmanuel Macron s'est rendu, le 19 février 2019, au cimetière juif profané de Quatzenheim (Bas-Rhin).
Emmanuel Macron s'est rendu, le 19 février 2019, au cimetière juif profané de Quatzenheim (Bas-Rhin). — Frederick FLORIN / POOL / AFP

Le nombre de faits racistes et xénophobes, dont une grande majorité consiste en des menaces, a très fortement augmenté en 2019 avec une hausse de plus de 130 %, selon un bilan du ministère de l'Intérieur rendu public ce dimanche après-midi.

Après avoir enregistré un repli sur les deux dernières années, en 2018 et 2019, ils ont augmenté en 2019, avec 1.142 faits comptabilisés (contre 496 durant toute l’année précédente). « Pour l’essentiel, ces faits relèvent de la catégorie des « menaces » (977) », a précisé la place Beauvau dans son rapport.

Augmentation des menaces antisémites

L’Intérieur constate également une hausse des faits à caractère antisémite, 687 en 2019 contre 541 l’année précédente, soit une augmentation de 27 %. Ces derniers faits se décomposent en 151 « actions », une catégorie qui regroupe les atteintes aux personnes et aux biens comme les dégradations, vols ou violences physiques, et 536 « menaces » à l’instar de propos ou gestes menaçants, inscriptions, tracts, courriers, détaille le ministère de l’Intérieur.

« La hausse des faits antisémites en 2019 s’explique exclusivement par l’augmentation des menaces, à hauteur de 50 % par rapport à 2018, les actions ayant quant à elles diminué de 15 %. Les faits les plus graves, les atteintes aux personnes, sont même en net recul, de 44 % », fait valoir le ministère.

Les faits antimusulmans en hausse

Selon le bilan de la place Beauvau, le nombre de faits « antichrétiens » est toujours le plus important du total des actes et faits antireligieux mais il est « stable ». Les 1.052 faits recensés se décomposent en 996 actions et 56 menaces. « Les actions décomptées consistent essentiellement en atteintes aux biens à caractère religieux », commente l’Intérieur.

Les faits antimusulmans demeurent « relativement faibles » (154 faits, qui se décomposent en 63 actions et 91 menaces), mais ils sont en hausse par rapport à 2018 (100 faits). « Là encore, l’essentiel des actions concerne des atteintes aux biens religieux », souligne le ministère dans un communiqué.