« Essayez la dictature et vous verrez ! »… Emmanuel Macron en colère face aux critiques sur sa politique

COLERE Le président français dénonce des discours qui justifient la violence politique et sociale

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron, le 23 janvier 2020 à Jérusalem.
Emmanuel Macron, le 23 janvier 2020 à Jérusalem. — Ludovic Marin / AFP

Dans l’avion de retour d’Israël, Emmanuel Macron a dénoncé « les discours politiques extraordinairement coupables » qui affirment que la France est devenue une dictature. « Allez en dictature, et vous verrez », a continué le président au micro de Radio J, à destination de ceux qui justifient les violences pour combattre sa politique.

« Aujourd’hui s’est installée dans notre société – et de manière séditieuse, par des discours politiques extraordinairement coupables –, l’idée que nous ne serions plus dans une démocratie, qu’une forme de dictature se serait installée », accuse le président dans cet entretien diffusé vendredi matin. Et de lancer : « Mais allez en dictature ! Une dictature, c’est un régime où une personne ou un clan décide des lois. Une dictature, c’est un régime où on ne change pas les dirigeants, jamais. Si la France c’est cela, essayez la dictature et vous verrez ! La dictature, elle justifie la haine. La dictature, elle justifie la violence pour en sortir. Mais il y a en démocratie un principe fondamental : le respect de l’autre, l’interdiction de la violence, la haine à combattre ».

« Nous sommes une démocratie »

Selon Emmanuel Macron, « tous ceux qui aujourd’hui, dans notre démocratie, se taisent sur ce sujet, sont les complices, aujourd’hui et pour demain, de l’affaiblissement de notre démocratie et de notre République. » Questionné sur la violence, le chef de l’Etat a jugé que « celles et ceux qui portent cette violence, celles et ceux qui, avec cynisme quelquefois, l’encouragent, celles et ceux qui taisent tout reproche qu’il faut avoir oublient une chose très simple : nous sommes une démocratie ».

Invitée sur RMC et BFMTV à dire qui était visé par les propos présidentiels, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a assuré qu’il n’était pas question pour Emmanuel Macron de « jeter l’anathème sur untel ou untel ». Elle a rapporté avoir entendu elle-même « un responsable syndical de SUD qui justifiait une forme de violence dans les manifestations », ou « des responsables locaux de la CGT ».

« Toutes les démocraties » sont en crise

Dans la sphère politique, a-t-elle poursuivi, « notamment à La France insoumise, vous avez des gens qui accréditent au fond l’idée qu’il y aurait un "régime" qui imposerait sa loi au reste de la population. » Sur Radio J, Emmanuel Macron a souligné que « dans une démocratie, on a un devoir de respect à l’égard de ceux qui représentent et votent cette loi, parce que précisément, on a le pouvoir de les révoquer. On a l’interdiction de la haine, parce qu’on a le pouvoir de les changer ! »

Interrogé au retour d’Israël où il a participé jeudi aux commémorations de la libération du camp nazi d’Auschwitz, le président français a par ailleurs précisé son analyse de l’antisémitisme, qu’il relie à la crise économique et sociale. « Toutes les démocraties occidentales vivent une crise, et c’est une crise qui s’exacerbe devant les grandes peurs contemporaines », a-t-il estimé, citant la transformation numérique et la transformation climatique.

Or d’après lui, « l’antisémitisme est la forme la plus avancée, à chaque fois la plus radicale de la peur de l’autre ». Dans un échange avec un journaliste du Figaro à bord de l’avion, le président a décrit l’antisémitisme comme « une voie de passage entre les extrêmes » de droite et de gauche.