Réforme des retraites : La conférence de financement lancée le 30 janvier, annonce Edouard Philippe

DIALOGUE SOCIAL Les partenaires sociaux se réuniront dès cette date au Conseil économique, social et environnemental

20 Minutes avec AFP

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Edouard Philippe, le 20 janvier 2020 à Matignon.
Edouard Philippe, le 20 janvier 2020 à Matignon. — Eric TSCHAEN-POOL/SIPA

Elle devrait permettre de garantir l’équilibre financier du système de retraite d’ici 2027. La conférence de financement, qui doit réunir les partenaires sociaux, sera lancée le 30 janvier, a annoncé  Edouard Philippe ce jeudi dans un entretien à La Croix.

« Cette conférence de financement sera lancée le 30 janvier prochain au Conseil économique, social et environnemental. J’ai bon espoir qu’elle permette de déboucher sur quelque chose d’intelligent et de responsable », a expliqué le Premier ministre, en se refusant à lancer des pistes autres que celles de l’âge pivot, « parce que si je commence à évoquer tel ou tel instrument, je réduis à néant l’intérêt de cette conférence ».

« Il y aura peut-être une mesure d’âge »

Dans cet entretien donné au quotidien catholique à la veille d'une nouvelle journée d'action syndicale et d'appel à la grève, le chef du gouvernement a défendu le « bon compromis » trouvé avec les syndicats réformistes. « J’ai bougé en retirant l’âge pivot. Les organisations syndicales, dont la CFDT, ont bougé de leur côté » en admettant le principe d’un retour à l’équilibre.

À propos des propositions qui doivent émerger de la conférence de financement, Édouard Philippe a considéré qu'« il y aura peut-être une mesure d’âge ». « J’ai toujours dit qu’il me semblait impossible de ramener notre système de retraite à l’équilibre sans une mesure d’âge. (…) Mais si les partenaires sociaux s’accordent sur un cocktail de mesures, y compris une mesure d’âge différente de l’âge pivot, je la prendrai », a-t-il soutenu.

Un système universel qui va « vivre très longtemps »

Il a en revanche déploré que d’autres organisations syndicales « ne (veuillent) absolument pas de cette réforme ». « Ne pas la mener parce que nous savons qu’elles ont des capacités de blocage, ce n’est pas cela la démocratie », a-t-il toutefois prévenu, en réitérant par ailleurs sa condamnation de « toutes les actions qui s’exercent en dehors du droit de grève, comme les blocages ou les coupures sauvages d’électricité », qui sont « illégales et doivent faire l’objet de sanctions ».

Le Premier ministre a encore défendu le principe du système universel de retraite, dont il se dit convaincu qu’il va « vivre très longtemps ». « Je le dis avec un sourire, mais je souhaite bon courage au Premier ministre qui, dans le futur, proposerait de casser le système universel en quarante-deux régimes, dont certains ne seraient pas équilibrés, et pour lesquels il faudrait payer pour que leurs assurés travaillent moins que les autres », a-t-il ironisé.