Electroménager, ordinateur, smartphone… L’UFC-Que Choisir alerte sur les abus de la location longue durée

CONSOMMATION Selon l’association de défense des consommateurs, ces nouvelles offres de grandes marques accablent en fait les clients aux revenus les plus modestes

20 Minutes avec AFP

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Un magasin d'électroménager (image d'illustration).
Un magasin d'électroménager (image d'illustration). — MARTIN BUREAU / AFP

Un téléphone ou un micro-ondes pour un loyer de quelques euros par mois… Ça s’appelle la location longue durée (LLD). Une offre alléchante en plein essor dans la grande distribution, qui permet aux consommateurs d’utiliser un bien à moindre coût et sans en être propriétaire. Ce mercredi, l’UFC-Que Choisir dénonce une pratique « ruineuse » et demande son encadrement au plus vite par les pouvoirs publics.

« La déferlante incontrôlée de ces offres ruineuses dans les grands magasins constitue une grave menace à l’intérêt des consommateurs », souligne dans un communiqué l’association. Selon l’UFC-Que Choisir, la LLD, « conçue notamment pour séduire les petits budgets grâce à ses loyers très réduits », relève des mêmes « excès » que le crédit revolving, fourni par les cartes de crédit et que l’association avait dénoncé dans les années 2000.

Un « gouffre économique »

Les excès sont doubles, précise l’UFC : la LLD participe d’une part à une « consommation exubérante », conduisant au « suréquipement et au surdimensionnement d’appareils qui contribuent au changement climatique », et d’autre part à une « ruineuse accoutumance », en ce qu’elle incite les consommateurs à « renouveler indéfiniment leur engagement pour conserver l’usage de biens indispensables » (électroménager, télévision, ordinateur, smartphone, etc).

« Profitant d’une réglementation obsolète, la LLD constitue un véritable gouffre économique : non reconnue comme étant un crédit à part entière, son coût pour le consommateur échappe à tout encadrement », dénonce l’UFC-Que Choisir, en comparant dans un tableau les différents tarifs pratiqués par plusieurs distributeurs : Boulanger, Cdiscount, la Fnac et Darty.

Un micro-ondes deux fois plus cher à la fin

L’association dénonce notamment qu’à la différence du crédit, « le distributeur n’est tenu ni d’indiquer son coût total, ni d’exprimer son prix en taux, ni d’avertir sur le risque d’un endettement excessif ». Par ailleurs, selon son étude, de nombreux contrats proposés par ces distributeurs recèlent des « clauses venant minimiser les obligations des professionnels ou imposant des obligations démesurées au détriment des consommateurs ».

Enfin, les tarifs semblent échapper à toute logique économique, estime l’UFC : « la palme des tarifs exorbitants revient à la location d’un micro-ondes proposée par la filiale de Boulanger », détaille l’association. « Au prix de 731 euros sur quatre ans (contre 316 euros à l’achat), (…) louer revient ainsi plus de deux fois plus cher qu’acheter immédiatement (+ 130 %).»

Des clauses jugées « abusives »

Elle plaide pour un « cadre juridique propre à contenir les effets nocifs » de cette pratique, via notamment un « plafonnement tarifaire » ainsi qu’une « information précontractuelle standardisée ».

Parallèlement, l’association met en demeure Boulanger location, ainsi que les partenaires financiers bailleurs de Fnac Darty (Crédit Agricole Consumer Finance) et Cdiscount (Crédit Mutuel Leasing) de « purger leurs conditions générales d’utilisation des clauses qu’elle estime abusives » et se réserve, « à défaut d’une réponse satisfaisante », le droit d’agir en justice.