Pays de la Loire : Le préfet s'excuse après des propos critiques sur la PMA

DERAPAGE « Le projet de loi bioéthique porte une rupture anthropologique majeure », a déclaré Claude d’Harcourt lundi soir

J.U. avec AFP

— 

Claude d'Harcourt, préfet de Loire-Atlantique.
Claude d'Harcourt, préfet de Loire-Atlantique. — F.Brenon/20Minutes
  • Le ministre de l’Intérieur a convoqué ce matin le préfet d’Harcourt pour entendre ses explications, après que ce dernier a tenu des propos critiques sur l’ouverture de la PMA à toutes les femmes.
  • Christophe Castaner y a vu une « faute » et a demandé au préfet de réagir dans la journée.

Il a reconnu une expression « inadéquate ». Via un communiqué de presse, le préfet des Pays de la Loire Claude d'Harcourt s'est expliqué sur ces propos qui ont créé la polémique depuis quelques heures. Christophe Castaner l'a convoqué mercredi matin après que le préfet a tenu des propos critiques sur l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, mesure phare du projet de loi bioéthique, a-t-on appris dans l’entourage du ministre de l’Intérieur.

Selon le site d’investigation en ligne Médiacités, le préfet de région Claude d’Harcourt a publiquement exprimé des réserves sur le projet de loi, lundi soir. C’était lors de ses voeux au monde économique et aux forces vives des Pays de la Loire. « Le projet de loi bioéthique porte une rupture anthropologique majeure », a déclaré Claude d’Harcourt cité par Médiacités. « A titre personnel, je ne suis pas sûr que cette loi favorise les repères auxquels aspirent nos concitoyens », aurait-il ajouté toujours selon le site d’investigation nantais.

Christophe Castaner y voit une « faute »

Selon une source proche du dossier, le préfet a bel et bien reconnu avoir tenu de tels propos. Christophe Castaner y a vu une « faute » et a demandé au préfet d’Harcourt de réagir dans la journée, a complété cette source. Ce qui a motivé l'envoi de ce communiqué de presse, dans lequel «il reconnait que son expression, même s’il a pris soin de préciser qu’il s’agissait de son opinion personnelle, dès lors qu’elle était publique, était inadéquate.»

« Après avoir enfreint de façon manifeste son devoir de réserve et failli à l’obligation de neutralité qui interdit à tout fonctionnaire de faire de sa fonction l’instrument d’une propagande quelconque, le Préfet d’Harcourt n’est désormais plus en mesure d’assurer les responsabilités qui sont les siennes », estime Christophe Clergeau, président du groupe d'opposition au conseil régional

Le Sénat à majorité de droite a entamé, mardi, l’examen du projet de loi bioéthique. Celle-ci a franchi une étape supplémentaire mardi soir à la Haute Assemblée avec le rejet de plusieurs amendements qui entendaient la supprimer du texte. Le préfet Claude d’Harcourt, connu pour son franc-parler, avait précédemment été mis en cause pour sa gestion du maintien de l’ordre durant la dernière Fête de la musique à Nantes, lors de laquelle Steve Maia Caniço, 24 ans, s’était noyé dans la Loire.