Réforme du bac : La FCPE réclame des notes bienveillantes pour les premières épreuves communes de contrôle continu (E3C)

EDUCATION Les responsables de sections locales de la fédération de parents d’élèves ont fait remonter du terrain l’hétérogénéité des conditions de passage des E3C selon les lycées

D.B.

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Une manifestation contre les E3C devant un lycée de  Montfort-sur-Meu le 20 janvier 2019.
Une manifestation contre les E3C devant un lycée de Montfort-sur-Meu le 20 janvier 2019. — Damien MEYER / AFP
  • Les premières épreuves communes de contrôle continu (E3C) du baccalauréat nouvelle formule ont débuté dès le 20 janvier dans de nombreux établissements.
  • Mais leur organisation et leur contenu ont été vivement critiqués par certains enseignants, entraînant des perturbations et des blocages dans les lycées.
  • « Une rupture d’égalité entre les élèves » dénoncée par la FCPE, qui réclame la clémence des correcteurs.

« Nous refusons que les enfants soient les victimes de E3C. Etant donné la situation, il faut impérativement que les enseignants notent avec bienveillance les élèves », a déclaré ce mercredi Rodrigo Arenas, co président de la FCPE. Des blocus et des perturbations sont observés dans certains lycées depuis le début de semaine lors des premières épreuves de contrôle continu (E3C) du nouveau baccalauréat. Lundi, une quarantaine d’établissements, sur les 420 lycées qui faisaient passer les épreuves ce jour, ont subi des troubles, selon les chiffres dévoilés par le ministère de l’Education.

Si la première fédération de parents d’élèves est favorable au contrôle continu et ne soutient pas les actions de boycott des épreuves, elle prône, depuis le mois de décembre, le report des E3C pour permettre un déroulé serein de ces épreuves. Et les événements de ces derniers jours ont renforcé sa conviction. « Les conditions de passage des E3C créent une rupture d’égalité entre les élèves », indique Rodrigo Arenas, qui s’appuie sur des remontées de terrain de ses bureaux locaux.

« Des élèves ont eu droit à des épreuves 0 pour s’entraîner et d’autres pas »

Une iniquité constatée d’abord dans la préparation des examens : « Dans plusieurs lycées des Hauts-de-Seine, les épreuves ont été reportées à la première semaine de février, pour donner plus de temps aux élèves pour se préparer. Mais dans d’autres, les élèves ont dû plancher dès le 20 janvier », indique Abdelkrim Mesbahi, président de la FCPE 92. « Certains élèves ont eu droit à des épreuves 0 pour s’entraîner et d’autres pas », note Jean-André Lassère, président de la FCPE Paris. « Et des lycéens se sont retrouvés avec des E3C et des contrôles à passer la même semaine, alors que pour d’autres, l’agenda avait été allégé », indique Mickaël Tane, président FCPE dans les Yvelines.

Par ailleurs, si certains lycéens ne savaient pas à quelle sauce ils seraient mangés le jour J, d’autres avaient été un peu mis sur la voie afin de faciliter leurs révisions. « Une proviseure de lycée de l'académie d'Orléans-Tours (Centre-Val de Loire) a informé ses élèves de 1re des chapitres à réviser pour l’épreuve d’histoire-géographie », souligne Rodrigo Arenas.

« Certaines salles ont été laissées sans surveillance »

Autre différence : les élèves qui ont passé leurs E3C n’ont pas bénéficié du même climat de sérénité : « Le lycée Valin de La Rochelle étant bloqué lundi matin, certains élèves ont dû escalader des grilles pour accéder aux salles d’examen et les bloqueurs ont fait un bruit incessant pendant les épreuves », témoigne François, élu de la FCPE à La Rochelle. « On a aussi reçu un témoignage faisant état d’une alarme incendie qui a sonné trois fois pendant une épreuve », indique Rodrigo Arenas.

Les conditions de sécurisation des épreuves ne semblent pas avoir été les mêmes non plus, selon les établissements. « Certaines salles ont été laissées sans surveillance pendant un certain temps, ce qui a permis aux élèves de prendre des photos de leurs sujets et de les transmettre à leurs camarades qui passaient l’épreuve après », affirme Elisabeth Lechevallier, présidente de la FCPE de Seine-Maritime. Et les jours prochains pourraient apporter d’autres révélations…

*Enquête menée