Guyane : Un poulet bio importé de métropole et vendu 51 euros provoque la polémique

CONSOMMATION « 20 % des Antillais et 45 % des Guyanais vivent avec moins de 420 euros par mois », rappelle député guyanais sur Twitter

20 Minutes avec agences

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Des poulets en supermarché (illustration).
Des poulets en supermarché (illustration). — Richard B. Levine/NEWSCOM/SIPA

Un député de Guyane a relancé ce jeudi la polémique autour du prix de la vie en Outre-mer. Gabriel Serville a tweeté le prix exorbitant d’un poulet fermier bio, importé par avion et vendu 51 euros dans un magasin Système U à Saint-Martin.

« N’avons-nous pas des filières d’élevage aux Antilles, Guyane, pour importer par avion des poulets facturés 51 euros alors que 20 % des Antillais et 45 % des Guyanais vivent avec moins de 420 euros par mois », s’interroge l’élu sur Twitter. Sa publication a été partagée près de 5.000 fois.

Le prix du transport et des taxes

« En mars, j’ai écrit à Edouard Philippe pour demander du concret pour lutter contre la vie chère alors que les grandes surfaces se gavent avec des marges jusqu’à 55 % sur les produits de consommation courante aux Antilles Guyane », poursuit le député dans un autre tweet. « Pas de réponse. »

Selon un porte-parole du supermarché, ce prix est logique. « Il n’y a pas de production locale » de poulets bio, explique-t-il. « Ce poulet, en métropole, est vendu 10,75 euros le kg. […] Quand on l’achemine par voie aérienne, le kg de marchandise coûte 12 euros à transporter. » D’où un prix final de 45 euros le poulet, auquel s’ajoutent « des taxes, des frais de commercialisation et la marge du commerçant », poursuit-il.

Une loi pour favoriser le local jamais appliquée

« Il y a des gens qui viennent à St-Martin, qui veulent trouver des produits bios d’importation et sont prêts à payer ce prix-là », poursuit le porte-parole pour expliquer une telle pratique. « Les clients ont pris cette habitude et nous réclament ces produits. » A Saint-Martin, Système U propose aussi « des poulets à des prix bien inférieurs, transportés par voie maritime et congelés, venant de France. »

Selon Gabriel Serville, une proposition de loi a été votée en 2012 pour obliger les grandes surfaces à réserver une place aux productions locales. Mais elle n’est pas appliquée « faute de décret d’application ». En juillet 2019, l’autorité de la concurrence a indiqué que les prix étaient 12 % plus élevés qu’en métropole et même supérieurs de 19 % (Mayotte) à 38 % (Martinique) pour les seuls produits alimentaires.