Manifestation anti-PMA : Des dizaines de millers de personnes ont défilé à Paris

OPPOSITION Le projet de loi bioéthique doit être examiné par le Sénat mardi

20 Minutes avec AFP

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À Paris, le 19 janvier 2020.
À Paris, le 19 janvier 2020. — CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Des dizaines de milliers d’opposants à l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, 26.000 selon un comptage du cabinet Occurrence, 41.000 selon la police, ont défilé dimanche à Paris.

Une semaine après l’adoption du projet de loi par le Sénat en commission, qui n’a pas remis en cause l’essentiel du texte déjà voté par l’Assemblée nationale, un collectif de 22 associations, dont la Manif pour tous, avait appelé à se rassembler dimanche sous la bannière « Marchons Enfants ! ». Mardi, le projet de loi sera examiné par l’ensemble du Sénat.

« Des orphelins de père »

Une foule rouge et verte a commencé à défiler vers 13h45 depuis le pont de l’Alma et en direction de la place de l’Opéra. « Nous sommes là pour réclamer le retrait de ce projet de loi antiéthique (…) ce qui permettra de le récrire sur des bases de fraternité, solidarité, de respect de l’être humain », a déclaré la présidente de la Manif pour tous, Ludovine de la Rochère, avant le départ de la manifestation. « La PMA sans père ferait des orphelins de père », a-t-elle mis en garde, condamnant « la création d’une filiation d’intention qui ne correspond à rien ».

« On a beaucoup mis en avant la PMA, mais ça a occulté l’ensemble des dérives » contenues dans la réforme, a souligné Pascale Morinière, présidente des Associations familiales catholiques (AFC). Citant les embryons transgéniques ou chimères et la recherche sur l’embryon autorisée jusqu’à 21 jours, elle a appelé à déclarer « un état d’urgence bioéthique », estimant qu’« une ligne rouge [était] franchie ». « Tout ce qui est proposé va amener une commercialisation du vivant », a pour sa part mis en garde Patrice Obert, le président des Poissons roses, une formation politique de chrétiens de gauche.

Un retrait a priori exclu

Le collectif n’exclut pas d’autres manifestations « dans les prochaines semaines », en cas de statu quo du texte et de « non-ouverture d’un dialogue ». Ce qui semble exclu, comme l’a rappelé le ministre de l’Education nationale juste avant la manifestation, sur France Inter : « Le programme du gouvernement est clair et ne déviera pas », rappelant que ce point « était dans le programme d’Emmanuel Macron ».

La manifestation a réuni presque trois fois moins de personnes que lors du précédent rassemblement, le 6 octobre, où 74.500 personnes avaient défilé dans les rues de la capitale avant le vote du texte par l’Assemblée nationale.