Retraites, conditions de travail... Les « experts » de la police manifestent devant la pyramide du Louvre

POLICE Plusieurs centaines de fonctionnaires de la police technique et scientifique ont manifesté à Paris pour réclamer un statut semblable à celui des agents armés

Thibaut Chevillard
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Les agents se sont arrêtés devant le Louvre et ont mis en place une fausse scène de crime pour montrer leur ''quotidien''
Les agents se sont arrêtés devant le Louvre et ont mis en place une fausse scène de crime pour montrer leur ''quotidien'' — Thibaut Chevillard
  • Des agents de la police technique et scientifique ont manifesté à Paris à l'appel de l'un de leurs syndicats pour réclamer un statut semblable à celui des agents armés.
  • Venus de toute la France, ils pointent la dangerosité de leurs missions et la pénibilité de leur travail.
  • Ils veulent obtenir un statut corresponsdant, leur permettant également de partir plus tôt à la retraite.

La scène de crime, délimitée par un ruban jaune, se situe devant la pyramide du Louvre. Tout à tour, les agents de la police technique et scientifique, vêtus de combinaisons blanches maculées de sang et gilets verts sur le dos, s’allongent sur le sol à côté de petits plots indiquant la présence d’indices. Derrière eux, près d’une enceinte accrochée à un charriot de supermarché avec un tendeur, un homme saisit un micro et reprend « L’envie », célèbre morceau de Johnny Hallyday. « Monsieur le ministre… Donnez-nous un statut ! Un statut d’envergure ! Pour notre futuuuur ! » chante-t-il sous le regard étonné de quelques touristes passant par-là.

Ce mercredi, plusieurs centaines de fonctionnaires de la police technique et scientifique ont manifesté à Paris pour réclamer un statut semblable à celui de leurs collègues armés. « Un statut qui reconnaisse pleinement la complexité, la dangerosité, la spécificité de nos missions », explique Jonathan, un agent originaire de la région parisienne. Certains de ses collègues, venus de toute la France, tiennent des pancartes exprimant leurs revendications : « Mon métier n’est pas dangereux, pourtant j’ai un gilet pare-balles », « Je suis flic », « Une police unique, un statut unique ».

« On considère qu’ils font un métier sédentaire »

« Les agents ont les contraintes et les servitudes des policiers mais ils n’ont pas leurs avantages », explique Georges Knecht, secrétaire général du Snipat (Syndicat national indépendant des personnels administratifs techniques). « Ils interviennent sur des scènes de crime, d’attentats pour effectuer les constatations sur des cadavres. Mais ils partent à la retraite à 65 voire 67 ans avec 1.300 ou 1.400 euros de pension parce qu’on considère qu’ils font un métier sédentaire », semblable à des tâches de secrétariat ou de comptabilité, poursuit-il. Avant d’ajouter que les agents, qui interviennent parfois seuls et sans arme « en milieu hostile », « en ont marre de prendre des risques et de ne pas avoir de compensation ».

Des agents de la police technique et scientifique manifestent à Paris
Des agents de la police technique et scientifique manifestent à Paris - Thibaut Chevillard

Les fonctionnaires interrogés par 20 Minutes évoquent tous, par ailleurs, la pénibilité de leur métier, qui comprend aussi de nombreuses astreintes. « On peut finir à 4h du matin et reprendre à 8h », souffle Xavier Depecker, secrétaire national du Snipat pour les policiers scientifiques. Il souligne notamment l’importante charge de travail des agents, qui les use et a des répercussions sur leur vie privée. « On veut un âge de départ à la retraite lié à la pénibilité et à la dangerosité des missions qu’on exerce », indique le syndicaliste.

« J’imagine mal un collègue de 62 ans sur le terrain »

« Lors de l'incendie de Notre-Dame, nos collègues sont intervenus alors qu’on n’était pas certain que l’édifice ne s’effondre pas. Et à Rouen, lors de l'incendie de l'usine Lubizol, ils ne savaient pas ce qu’ils respiraient », insiste Georges Knecht. Jonathan, lui, plaide pour un système de bonification similaire à celui dont bénéficient les policiers armés. « Plusieurs années travaillées nous donneraient le droit à une année de travail en moins », explique-t-il. « Car j’imagine mal un collègue de 62 ans sur le terrain en train de faire des relevés de traces et d’indices à quatre pattes… »