VIDEO. Rennes : Au restaurant La Grenouille à grande bouche, bien manger rime avec solidarité

MIEUX VIVRE LA VILLE Inspiré d’un concept québecois, l’établissement fonctionne grâce à l’aide de bénévoles qui donnent de leur temps en cuisine ou en salle

Jérôme Gicquel

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Au restaurant La Grenouille à grande bouche, des bénévoles viennent donner un coup de main en cuisine ou en salle.
Au restaurant La Grenouille à grande bouche, des bénévoles viennent donner un coup de main en cuisine ou en salle. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • La Grenouille à grande bouche, un restaurant participatif et solidaire, vient d’ouvrir dans le quartier populaire du Blosne à Rennes.
  • Chaque midi, des bénévoles viennent donner un coup de main en cuisine ou en salle.
  • Cela permet au restaurant de dégager des bénéfices qui sont ensuite reversés à des associations du quartier.

D’ordinaire si triste, le centre commercial Torigné, dans le quartier populaire du Blosne au sud de Rennes, a retrouvé un peu d’animation. Depuis quelques jours, le restaurant La Grenouille à grande bouche y a ouvert ses portes, reprenant le local laissé vacant depuis le départ du boucher. On y vient bien sûr pour se requinquer à la pause déjeuner avec une cuisine locale, de saison et bon marché. Mais manger à La Grenouille à grande bouche, c’est aussi soutenir une belle initiative solidaire.

Reprenant le concept du restaurant Robin des Bois à Montréal, le projet se veut en effet « participatif et redistributif », souligne Nathanaël Simon, l’un des trois fondateurs. Participatif car l’établissement fonctionne avec l’aide de bénévole, venus de tous horizons, qui viennent chaque midi donner un coup de main en salle ou en cuisine. « C’est sans engagement et il n’y a pas besoin d’expérience, il faut juste donner trois heures de son temps », précise Nathanaël Simon.

Les bénéfices reversés à des associations

Grâce à cette solidarité, le restaurant peut ainsi se dégager un peu de bénéfices qui seront reversés à des associations du quartier, comme la conciergerie solidaire Au p’tit Blosneur. « On aimerait bien à la fin de l’année reverser 8.000 à 10.000 euros à trois ou quatre associations que nous trouvons socialement utiles », indique le coordinateur.

Dans le restaurant qui peut servir 85 couverts, les bénévoles sont reconnaissables à leur badge sur lequel est inscrit leur prénom. En cuisine, leurs gestes sont parfois un peu hésitants. Idem en salle où les bénévoles apprennent sur le tas le métier de serveur. « Mais les gens vont être indulgents ! », sourit cette serveuse d’un jour. « Pas trop non plus car il faut quand même qu’on tienne les exigences propres à la restauration, à savoir le prix, la qualité et la rapidité du service », souligne Nathanaël Simon, qui se charge chaque midi de coordonner le travail de bénévoles.

Apprendre aux côtés d’un chef cuisinier

Parmi eux, Agathe, qui travaille dans la communication et qui a enfilé le tablier ce midi. « Ce concept de restaurant​ solidaire m’a tout de suite séduit, s’enthousiasme la jeune femme. Et comme je suis passionné de cuisine, c’est aussi un moyen de découvrir comment on travaille dans un restaurant au quotidien ».

Aux côtés du chef et de son commis, elle aura ainsi appris au cours de la matinée à bien manier son couteau pour éviter de se blesser et à réaliser des suprêmes de citron. Ou comment joindre l’utile à l’agréable.

La Grenouille à grande bouche a aussi sa revue

Avant le restaurant, La Grenouille à grande bouche avait déjà lancé sa revue en 2018. Disponible en kiosque ou dans les librairies, ce trimestriel, tiré à près de 5.000 exemplaires, explore « la société à travers ce que l’on en mange ». Après le lait, la soupe ou le rapport entre sexe et nourriture, le dernier numéro, qui vient tout juste de sortir, a pour thème « Le futur est dans le pré ».