Bayonne : Des milliers de manifestants pour alerter sur le sort des prisonniers basques

SOCIETE Entre 7.000 et 10.000 personnes ont défilé à Bayonne samedi pour alerter le gouvernement sur le sort des détenus basques de l’ancien groupe séparatiste ETA

20 Minutes avec AFP

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Plusieurs milliers de personnes ont défilé à Bayonne samedi pour alerter sur le sort des prisonniers basques.
Plusieurs milliers de personnes ont défilé à Bayonne samedi pour alerter sur le sort des prisonniers basques. — GAIZKA IROZ / AFP
  • Samedi, des manifestations ont eu lieu à Bayonne et Bilbao pour alerter sur le sort des détenus basques de l’ancien groupe séparatiste ETA.
  • Associations, élus et familles estiment que le parquet antiterroriste procède à un blocage des dossiers de libération conditionnelle.
  • Il s’agit aussi d’attirer l’attention sur le sort de détenus malades ou condamnés à de longues peines.

Comme à chaque début d’année, des manifestations pour attirer l’attention de l’Etat sur le sort des prisonniers basques de l'ancien groupe séparatiste ETA ont eu lieu à Bayonne puis à Bilbao. Environ 10.000 personnes selon les organisateurs, 7.000 selon la préfecture, ont défilé samedi à Bayonne et plusieurs dizaines de milliers à Bilbao.

Sous le slogan « Orain Presoak » (« Et maintenant les prisonniers », en basque) les manifestants ont défilé derrière une banderole reprenant les propos du président Emmanuel Macron en mai, qui avait dit « Ne faisons pas bégayer l’Histoire » au sujet du processus de paix engagé au Pays basque depuis plusieurs années.

Blocage sur le sort des prisonniers

Dans le cortège, ouvert par des tracteurs, figuraient des familles de victimes, des associations militant pour les droits des détenus et de nombreux élus locaux de sensibilités diverses, comme Jean-René Etchagaray, maire UDI de Bayonne, le maire MoDem de Biarritz Michel Veunac, la sénatrice PS Frédérique Espagnac ou le maire socialiste d’Hendaye, Kotte Ecenarro.

La plateforme Bake Bidea « Le chemin de la paix », organisatrice de la manifestation, qui avait invité les manifestants à marcher avec un makhila (bâton basque de marche) à la main, voulait insister sur le « blocage » actuel sur le sort des prisonniers.

« Nous sommes arrivés à la fin d’une étape, mais pas rendus au bout du processus », a déclaré Michel Berhocoirigoin, membre des « Artisans de la paix », émanation de Bake Bidea. Il a déploré « le blocage » du parquet antiterroriste qui fait appel de libérations conditionnelles d’anciens militants ETA, malgré des décisions favorables du tribunal d’application des peines.

Frédérique Espagnac a pour sa part a estimé que le gouvernement « a certes fait des pas, mais c’est encore insuffisant », notant que s’il y a eu des rapprochements de prisonniers, celui des détenues femmes « n’est pas réglé ». Elle a aussi soulevé le sort des détenus malades ou condamnés à de longues peines « pas acceptable sur le plan des droits de l’homme ».