Lorraine : Un prof d'université placé en congé maladie d'office alors qu'il n'est pas malade

UNIVERSITE Cet enseignant de la faculté de lettres de Nancy a fait annuler sa mise en congé maladie par le tribunal administratif 

Nils Wilcke

— 

Nancy: Bruit, fumée, odeurs de goudron et malaise... Un amphi évacué en plein partiel (Illustration)
Nancy: Bruit, fumée, odeurs de goudron et malaise... Un amphi évacué en plein partiel (Illustration) — Patrice Magnien/20 Minutes
  • Professeur d’économie et de gestion en faculté de lettres de Nancy, Karim Zoubir, se bat depuis 19 mois pour… retourner travailler.
  • Cet enseignant a été mis en congé maladie d’office par l’université après une « altercation » avec des collègues.
  • Sauf que le spécialiste consulté n’a établi aucune pathologie chez ce professeur, qui a fait annuler la décision de l’université par le tribunal administratif.

C’est une « histoire ubuesque », selon les propres mots de son avocate. Professeur d’économie et de gestion à la faculté de lettres de Nancy, Karim Zoubir, se bat depuis 19 mois pour… retourner travailler.

L’enseignant a été placé d’office en congé maladie il y a un an et demi par le président de l’université de Lorraine sans pour autant présenter de pathologies.

« Des comportements inappropriés »

Comment expliquer cette situation ? Tout serait parti d’une « altercation » avec des collègues au cours d’une réunion. Ces derniers ont alerté la hiérarchie de l'université, conduisant à sa mise en congé maladie. Sollicitée par 20 Minutes, cette dernière met en avant « des problèmes importants de comportements inappropriés » pour expliquer sa décision.

Problème, le spécialiste consulté par l’enseignant après cette décision ne lui trouve aucune maladie. Ce qui conduit l’université à renoncer à la mise en congé d’office quatre mois après. « M. Zoubir vit très mal ce qu'il se passe », résume son avocate, Me Anne-Laure Taesch. Ensemble, ils ont contesté la décision de l’université de Lorraine devant le tribunal administratif. Lequel a donné raison à l’enseignant en annulant sa mise en congés maladie, comme l'a révélé Le Républicain Lorrain.

« Je veux retrouver mon poste »

En principe, il devrait être réintégré. Sauf que l’enseignant n’a pour l’instant toujours pas retrouvé son poste. « Je suis à la fois soulagé par la décision de la justice qui établi que l’université a pris cette décision sur un faux prétexte et en colère. Je veux retrouver mon poste et revoir mes étudiants », poursuit le professeur Zoubir.

« Comment cet enseignant, qui est apprécié par ses étudiants comme en témoignent des dizaines d’attestations que nous avons recueillies, peut-il être écarté de son poste ? », s’interroge son avocate. Pour le moment, l’université de Lorraine, qui dit « suivre de près ce dossier (…) pour construire une solution » ne semble pas en avoir trouvé.