Nord: Asso de défense des animaux et riverains protestent contre l'agrandissement d'un élevage de poulets

AGRICULTURE Le projet d’agrandissement d'un élevage de poulets, à Nieppe, dans le Nord, dérange les riverains, un collectif citoyen et l'association de défense des animaux L214

Vincent Billet

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Le troisième bâtiment de l'élevage, de 1.000 m², doit voir sa surface doubler.
Le troisième bâtiment de l'élevage, de 1.000 m², doit voir sa surface doubler. — V.Billet/20 Minutes
  • Un éleveur avicole de Nieppe souhaite agrandir son exploitation de 1.000 m², pour une capacité totale de 88.000 poulets.
  • Le collectif citoyen s'y opposant organise une manifestation ce samedi, afin de rejoindre la  cérémonie des vœux du maire.
  • L'enquête publique se termine le 14 janvier et l'éleveur estime avoir tout fait dans les règles.

A quelques mois des élections municipales, le maire nieppois pourrait vivre une cérémonie des vœux animés.  Le collectif citoyen Ensemble pour le Climat - Armentiérois Val de Lys a prévu de s’y pointer, ce samedi, après une marche de protestation dans les rues de Nieppe, dans le Nord. Son objectif ? Alerter la population sur le projet d’extension d’un élevage de poulets.

Un collectif accompagné par d’autres opposants au projet : des riverains, inquiétés par les futures nuisances directes, et l’association L214, qui défend la cause animale. « Des gens aux revendications différentes se sont retrouvés », confirme Marie Deremaux, membre du collectif citoyen estimant que « ce genre d’élevage ne fait pas du tout sens en nécessitant beaucoup d’aliments, d’eau et d’électricité ».

La production passerait à 573.000 poulets par an

« Je ne suis pas une industrie. Je suis seul à travailler là », retorque le propriétaire François Debailleul. Actuellement, 68.000 poulets sont élevés dans des bâtiments de 3.200 m², rue Warneton, sans jamais en sortir. Un tiers de la production file à l’abattoir au 35e jour, avant d’atterrir en rôtisserie.

Le reste part une semaine plus tard pour être tué, découpé et vendu en grande surface. L’éleveur souhaite étendre un de ses bâtiments sur 1.000 m² supplémentaires. Et augmenter sa capacité de production de 88.000 poulets, soit 573.000 poulets par an.

« Il y a de la demande, j’ai des débouchés », justifie François Debailleul, qui attend désormais la fin de l’enquête publique et la décision du préfet, sans doute en février. Avant cela, l’association de défense des animaux, L214, va aussi tenter de peser en participant à la manifestation.

« Tout est en règle », assure l’éleveur

« On veut sensibiliser les riverains et la population, pour faire remonter le maximum d’observations en préfecture, glisse sa chargée de campagne, Isabelle Crépiat. Il est possible de bloquer ce projet d’extension, mais pour ça, les gens doivent vraiment montrer leur opposition au projet. Nous ne sommes pas contre cet éleveur, mais contre ce système. Et qui dit extension, dit augmentation de la pollution, de la maltraitance animale, des bruits… ».

René Lambré, qui habite à moins d’un kilomètre de l’exploitation, prolonge la liste des mécontents. « Nous sommes touchés par les odeurs quand il y a de l’épandage. D’autres riverains évoquent le rejet des eaux usées, l’épandage sans protection, les poussières et le passage des camions… » « Très en colère », il sera aussi de la manifestation : « On veut que tous les Nieppois soient avertis et qu’ils remplissent les cahiers de doléances en mairie ».

François Debailleul reste droit dans ses bottes. L’éleveur est convaincu que le respect des lois lui suffira. « Tout est en règle, répète-t-il, que ce soit au niveau des distances par rapport aux habitations ou aux normes d’hygiène ».