Réforme du bac : « Personne n’est prêt »… Les élèves de 1re qui vont passer les premières épreuves de contrôle continu racontent

EDUCATION A partir de la mi-janvier, les lycéens de 1re vont inaugurer les épreuves communes de contrôle continu, qui compteront pour le nouveau bac

Delphine Bancaud

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Une candidate au bac en 2019.
Une candidate au bac en 2019. — DOMINIQUE FAGET / AFP
  • Les premières épreuves communes de contrôle continu (E3C) du baccalauréat nouvelle formule débuteront dès le 20 janvier dans de nombreux établissements.
  • Mais leur organisation ne se fait pas sans mal, comme le racontent des lecteurs lycéens de 1re à 20 Minutes.
  • Beaucoup d’entre eux trouvent que ces épreuves arrivent trop vite, qu’elles nécessitent trop de travail en parallèle des cours et que leur contenu demeure trop flou.

Les premières épreuves communes de contrôle continu (E3C) du baccalauréat nouvelle formule débuteront dès le 20 janvier dans de nombreux établissements. Les élèves de 1re générale devront plancher sur un sujet d’histoire-géographie et sur deux autres en langues vivantes. Et ceux de la voie technologique plancheront sur les maths.

Dans certains lycées, ces nouvelles épreuves ont été parfois difficiles à organiser, comme en témoignent des élèves de 1re qui ont répondu à notre appel à témoins. A l’instar d’Erwann : « Ça semble être compliqué : notre lycée a déjà reporté d’une semaine la date de l’épreuve, les professeurs ne semblent pas au courant de quoi que ce soit et ne sont donc pas très rassurants. Et le lycée vient tout juste, une semaine avant, de caser les horaires des épreuves dans notre emploi du temps ». Même impression de zizanie pour Fanny : « Nous avons connu les dates d’E3C seulement aujourd’hui, alors qu’elles auront lieu dans deux semaines. Les professeurs semblent totalement perdus, que ce soit concernant l’aménagement des épreuves ou la correction des devoirs. Quant au programme d’histoire-géo, comme il est très long, les professeurs ont dû faire l’impasse sur certains points pourtant clés », indique-t-elle.

« Nous sommes une génération de cobayes »

Un climat de confusion que décrit aussi Rodrigue : « Des dates d’épreuves connues au dernier moment, les contenus des épreuves floues jusqu’à peu, une réduction du temps de l’épreuve d’histoire-géographie pour des attendus presque similaires, des épreuves placées sur les heures de spécialités, au milieu d’une journée banale… Et pour nous entraîner, de rares sujets zéros et aucune annale ». Quant à Timothé, il n’a « toujours pas les dates précises des E3C ». Et les équipes pédagogiques ne semblent pas toujours au clair : « Les profs sont dépassés, ils essayent tout de même de nous rassurer, mais beaucoup de questions restent sans réponse comme la notation, la difficulté de l’épreuve… », raconte Hugo.

Pour certains élèves, ces premières épreuves arrivent trop tôt dans l’année : « Tout va si vite ! On a à peine le temps de réaliser le fait d’avoir trois examens qu’ils arrivent dans quelques semaines ! », s’exclame ainsi Fatima. « Je trouve que c’est assez précipité », témoigne aussi Sarah. « Se sentir prêt quand on va devoir réviser des chapitres qui auront été étudiés, dans le meilleur des cas, environ une semaine avant la date, est difficile », euphémise Thomas. « Personne n’est prêt, nous sommes une génération de cobayes », résume durement Dylan.

« Il y a beaucoup trop de pression »

La perspective de se retrouver bientôt devant une copie blanche met d’ailleurs certains lycéens dans un état de stress intense : « On va devoir réapprendre tous nos cours de chaque matière. Je ne me sens pas prêt, car je commence tout juste les révisions d’histoire-géo. Avec cette réforme , on est en stress constant, il y a beaucoup trop de pression. Car toutes nos notes de l’année comptent pour 10 % du bac et ces épreuves 30 %. Il y a une surcharge de travail », déplore Elyos. « Je suis stressée, surtout pour l’histoire-géo, car le programme est très dense », exprime de son côté Emilie.

Et certains élèves, comme Joanna, ont l’impression de crouler sous le boulot : « Nous avons beaucoup de contrôles à côté et nous devons aussi relire toutes nos leçons en histoire et en géographie, être sûrs de savoir les dates… Parallèlement, nous devons relire les cours d’anglais et de langue vivante 2… Et à côté, nous avons les cours, des devoirs maison, on finit tard les cours. Et nous prenons le temps de nos révisions supplémentaires (pour les E3C du bac) sur nos heures de sommeil, est-ce normal ? », interroge-t-elle.

L’aide des profs pour préparer les élèves

Maria a aussi l’impression d 'être sous l’eau : « On est débordés… Entre les contrôles dans certaines matières, les DM dans d’autres, les oraux et écrits du bac blanc, les devoirs quotidiens, les activités extra-scolaires pour quelques élèves, il est difficile d’ajouter à cela les révisions des épreuves communes. On finit souvent tard et mes journées se résument, depuis cette année, à aller au lycée, rentrer, travailler, manger et essayer de dormir tôt », déplore-t-elle.

Conscients des difficultés de leurs élèves, certains établissements ont tenté de les préparer au mieux à ces nouvelles épreuves : « Nos profs de langue nous ont fait de fausses épreuves pour nous entraîner », décrit Elyos. « Mon lycée a organisé, il y a quelques semaines, des entraînements sur les premières épreuves que j’aurai à passer. Donc je pense savoir à quoi m’attendre le moment venu », estime aussi Sarah.

« Les correcteurs vont peut-être être plus indulgents avec nous »

Dans le lycée d’Erwann, les profs ont distribué « des fiches de révision générale » pour faciliter le travail des élèves. « Les professeurs se sont organisés pour que nous n’ayons pas trop de chapitres, et pour les langues LVA et LVB, on nous entraîne régulièrement avec des tests de compréhension orale et d’expression écrite et on a déjà fait des sujets zéros », témoigne aussi Emilie.

Mais malgré cela, certains élèves craignent de ne pas réussir leurs épreuves le jour J. « Mes profs nous ont fait des évaluations types E3C et nous avons tous obtenu des notes inférieures à la moyenne. Cela me stresse », déclare Marcus. Mais Erwann tente de se rassurer : « Les correcteurs vont peut-être être plus indulgents avec nous pour la première épreuve ».