Bouches-du-Rhône : Vers un durcissement des grèves au sein des raffineries

RAFFINERIES La CGT appelle au blocage des raffineries à partir de ce mardi jusqu’à vendredi contre le projet de réforme des retraites

Adrien Max

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Le site pétrochimique d'Ineos à Lavéra, dans les Bouches-du-Rhône.
Le site pétrochimique d'Ineos à Lavéra, dans les Bouches-du-Rhône. — Daniel Cole/AP/SIPA
  • Les salariés de plusieurs raffineries des Bouches-du-Rhône sont en grève, aucune livraison de carburant n’est effectuée depuis ce mardi matin.
  • Les salariés de Lavera souhaitent durcir le mouvement en arrêtant plusieurs unités de production.
  • Malgré ces grèves, il y a peu de risque d’avoir une pénurie de carburant, même si « plus les jours passent, plus de difficultés sérieuses arrivent », selon le secrétaire général de l’UD CGT 13, Olivier Mateu.

« Un blocage total », selon les mots de Thierry Defresne, délégué central de la CGT chez Total. Depuis ce mardi matin, de nombreux salariés des raffineries et dépôts pétroliers sont en grève partout en France après l’appel de la CGT, et notamment dans les Bouches-du-Rhône.

« Depuis 5h du matin la grève a commencé, avec aucune sortie de carburant par wagon, pipeline ou par camion. Le protocole a été signé avec la direction jusqu’à vendredi minuit. A partir de ce moment-là, nous ne prévoyons aucun travaux mis à part ceux relatifs à la sécurité », explique Lionel Arbiol, secrétaire général CGT à la raffinerie Esso de Fos-sur-Mer.

Du côté de la raffinerie de la Mède, la situation est semblable. « Aucun produit ne sort de la raffinerie depuis le 4 décembre, nous restons sur les mêmes modalités. Il n’y a pas besoin de faire de blocage, nous fermons les vannes de l’intérieur », indique Fabien Cros, secrétaire général de la CGT à la Mède.

« Il n’y a pas de blocage »

Le terme blocage hérisse d’ailleurs les poils de Sébastien Varagnol, secrétaire général à la CGT d’Ineos Petroineos de Lavéra : « Lorsque le Premier ministre parle de blocage, il dit n’importe quoi. Depuis le 5 décembre, il n’y a pas de blocage, nous faisons uniquement valoir notre droit de grève. Puisque nous exerçons notre droit de grève, les salariés ne chargent pas les camions en carburant », indique-t-il.

Mais les salariés de Lavéra sont déterminés à aller plus loin. « Le personnel gréviste s’est prononcé pour enclencher des manœuvres d’arrêt d’unité de production afin de donner envie à d’autres raffineries de se joindre à nous », annonce Sébastien Varagnol. Une première unité de production avait été mise à l’arrêt le 23 décembre dernier, une seconde a été arrêtée ce mardi matin et une troisième devrait avoir lieu mercredi, selon nos informations.

Peu de risque de pénurie

Que ce soit à la raffinerie de la Mède, ou à la raffinerie Esso, les syndicats de la CGT ne prévoient pas d’arrêt des installations, pour le moment. Le dépôt de pétrolier de Fos, le deuxième plus gros de France, est lui aussi touché par des mouvements de grèves. « Il n’y a aucun chargement de camion depuis ce mardi matin et ce jusqu’à vendredi. Des réflexions sont en cours sur les suites à donner. Soit prolonger le mouvement, soit l’arrêter un, deux, ou trois jours, avant de le reprendre. Toutes les options sont sur la table », prévient Olivier Mateu, secrétaire général de l’union départementale de la CGT.

Quant à des risques de pénuries de carburant ? Si pour le moment il n’y a pas de crainte à avoir, « plus une seule goutte ne sera livrée d’ici à vendredi, on peut donc s’attendre à des difficultés sérieuses plus les jours passent », avance Olivier Mateu. Seulement moins d’une dizaine de stations-service sont actuellement en rupture de stock à Marseille.