Nouvelle opération « ports morts » ce 9 janvier : Quelle retraite pour les dockers ?

MOBILISATION Les dockers ne relèvent pas d’un régime spécial de retraite mais, du fait de la pénibilité de leurs métiers, ils peuvent partir trois ans avant l’âge légal

Caroline Delabroy

— 

Le 13 décembre dernier sur le port de Marseille, lors de la mobilisation contre la réforme des retraites.
Le 13 décembre dernier sur le port de Marseille, lors de la mobilisation contre la réforme des retraites. — FREDERIC MUNSCH/SIPA
  • La Fédération nationale des ports et docks CGT appelle ce jeudi à un nouveau blocage des sept grands ports maritimes de la métropole.
  • Les dockers et agents du port ne sont pas sur des revendications particulières et demandent, « comme les autres salariés », le retrait de la loi sur la réforme des retraites.

Pour la cinquième journée, depuis le 5 décembre, ils sont au rendez-vous de la mobilisation contre la réforme des retraites. Du Havre à Marseille, agents portuaires et dockers des sept grands ports maritimes entendent bien faire entendre leurs voix, jeudi, lors de la nouvelle journée «  ports morts ». « On se bat comme tous les autres salariés contre un projet de retraite où l’on est perdant sur toute la ligne », indique Pascal Galéoté, secrétaire général CGT du port à Marseille. « Beaucoup pensent, et même des politiques qui viennent nous voir, que l’on a un régime spécial comme les cheminots, ce n’est pas le cas », ajoute-t-il.

« Nous avons un régime de branche », précise encore Tony Hautbois, secrétaire général de la Fédération nationale des ports et docks CGT à l’origine de la mobilisation. Cette convention nationale prévoit trois ans d’anticipation pour travaux pénibles par rapport à l’âge légal de départ à la retraire. Autrement dit, au lieu de partir à la retraite à 62 ans, les dockers peuvent faire valoir leurs droits à partir de 59 ans, voire 57 ans en cas de préretraite. « A chaque fois que le gouvernement recule l’âge légal, cela nous impacte directement », explique Tony Hautbois, avant d’ajouter pour lever toute ambiguïté : « On n’est absolument pas sur des revendications particulières. On est opposé à la loi, on demande son retrait. »

« On ne va pas se laisser acheter sur la pénibilité »

« On a réussi à obtenir ces trois ans au titre de la pénibilité après une longue négociation, rappelle de son côté Pascal Galéoté. Cette mesure est financée par les employeurs, après on retombe dans le régime général. » En outre, les dockers professionnels et les personnels portuaires assurant la manutention peuvent, dans les grands ports, demander à leur caisse d’assurance maladie à bénéficier du dispositif de préretraite amiante. « Cela ne concerne pas les petits ports comme Bayonne ou Lorient, ni la jeune génération qui continue pourtant à être exposée aux risques », nuance Tony Hautbois.

Il rappelle les conditions de travail de métiers qui ont certes évolué mais restent à bien des égards difficiles : « On est exposés à de multiples facteurs de risques. Des expertises de la médecine du travail disent que l’espérance de vie des dockers est écourtée de 7 à 8 ans par rapport à la moyenne nationale. Ne serait-ce que lorsqu'on décharge du blé par exemple, on est confronté à des pesticides. Un docker ne connaît ses horaires que la veille pour le lendemain. Un port, c’est ouvert 7 jours sur 7, et 24 heures sur 24. »

« Les accidents de travail sont souvent mortels », rappelle aussi Pascal Galéoté, qui n’entend pas pour autant « se laisser acheter par des propositions du gouvernement sur la pénibilité ». Et milite pour «durcir encore le mouvement» dans les grands ports maritimes, qui emploient 12.000 à 13.000 personnes, dont 4.000 dockers professionnels et 1.000 dockers occasionnels. « On est dans cette optique, c’est la seule chose que le gouvernement entend. »