Grève à la SNCF : Plus de 600 millions d'euros de manque à gagner pour le groupe

REFORME DES RETRAITES La RATP est également touchée

J.-L.D. avec AFP

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Mobilisation contre la réforme des retraites, illustration
Mobilisation contre la réforme des retraites, illustration — Olivier Coret/SIPA

La grève contre la réforme des retraites, qui perturbe fortement le trafic ferroviaire depuis le 5 décembre, a occasionné un manque à gagner de plus de 600 millions d’euros à la  SNCF, a indiqué son patron Jean-Pierre Farandou dans ses vœux aux cheminots ce lundi.

« Nous avons perdu près de 600 millions d’euros, sans compter les dédommagements pour les voyageurs de la vie quotidienne et les chargeurs qui vont quitter le ferroviaire pour repasser à la route », a déclaré Jean-Pierre Farandou dans une vidéo diffusée en interne.

Un manque de 20 millions par jour

La SNCF estime généralement à 20 millions par jour le manque à gagner pendant les grèves, les pertes commerciales étant loin d’être compensées par les économies en salaires, en électricité et en carburant. S’ajoutent les compensations qu’elle devra verser aux voyageurs et aux régions qui subventionnent les transports locaux qu’il est difficile de quantifier à l’avance et les coûts engendrés par la recherche de transports de substitution.

A titre d’exemple, la grève par épisodes contre la réforme ferroviaire, deux jours sur cinq du 3 avril au 28 juin 2018, avait coûté environ 890 millions d’euros de manque à gagner de chiffre d’affaires et amputé de 790 millions la marge opérationnelle.

Un recul de 0,1 % du chiffre d’affaires

Le chiffre d’affaires du groupe ferroviaire avait du coup reculé de 0,1 % en 2018, à 33,3 milliards d’euros, alors qu’il aurait progressé de 3,9 % sans le conflit social selon les calculs de la direction. « Les comptes 2019 seront fortement impactés », d’autant plus « qu’on n’est pas encore au bout du décompte des conséquences économiques », avait prévenu Jean-Pierre Farandou dans un entretien au Monde le 24 décembre.

« Je formule le vœu que la grève qui a démarré le 5 décembre dernier, il y a plus d’un mois, s’arrête. Cette grève perturbe lourdement la vie des Français, affecte l’économie de notre pays et abîme notre entreprise », a-t-il déploré lundi.

Un manque à gagner d’au moins 100 millions pour la RATP

Les cheminots en grève, « je respecte leur position », a-t-il observé, après avoir remercié ceux qui travaillent. « Je voudrais toutefois qu’ils prennent conscience des avancées obtenues en termes de transition entre le régime spécial et le nouveau système », a-t-il relevé. « Je rappelle que 58 % des cheminots statutaires, dont 3 conducteurs sur 4, ne sont pas concernés. Et je rappelle que pour les cheminots statutaires concernés, la transition sera très progressive et les modalités de calcul de leurs retraites donneront un résultat très proche du régime actuel. »

A la  RATP, elle aussi durement touchée par la grève depuis le 5 décembre, le manque à gagner est pour l’instant estimé à « au moins 100 millions d’euros » selon un porte-parole.

Un calcul pour l’instant purement mécanique au 33e jour du mouvement, la grève coûtant « au moins 3 millions par jour », a-t-il noté. S’ajouteront également les compensations à négocier à l’issue du conflit avec Ile-de-France Mobilités, l’autorité régionale des Transports.