Blocages de site, pétitions… Les grèves sèment la zizanie pour les partiels dans certaines universités

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR Malgré les aménagements prévus par certaines facs, les organisations étudiantes sont loin d’être satisfaites

Delphine Bancaud avec l'aide de Camille Allain à Rennes

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Illustration du campus Villejean de l'université Rennes 2
Illustration du campus Villejean de l'université Rennes 2 — C.Allain/20 Minutes
  • Certaines universités avaient dû décaler les partiels prévus en décembre à janvier en raison des difficultés d’accès aux campus liées aux grèves.
  • Mais des étudiants estiment que tous leurs camarades ne peuvent toujours pas se rendre aux examens, et ont perturbé la tenue des partiels ce lundi.
  • Pour les organisations étudiantes, ces troubles pourraient s’amplifier, à moins que les universités ne trouvent des alternatives aux partiels, comme des devoirs maison.

Rentrée sous tension dans plusieurs universités ce lundi. Les perturbations dans les transports, liées à la mobilisation contre la réforme des retraites, avaient conduit en décembre plusieurs universités à reporter les partiels en janvier, afin de permettre aux étudiants de pouvoir les passer.

Problème :  les soucis de transports sont encore très importants cette semaine, notamment en Ile-de-France, plusieurs lignes de métros ne fonctionnant que partiellement et les lignes de Transilien et de RER étant très affectées par la grève. Du coup, des étudiants ont bloqué les sites Sorbonne, Michelet, Clignancourt et Malesherbes de l’université Paris-4, pour demander le report des examens après les grèves.

Un gymnase ouvert à Nanterre pour permettre à certains de dormir sur place

Même grogne à l’université de Nanterre, où des étudiants ont tenté de s’opposer à la tenue de partiels ce lundi, même si, au final, « tous les examens ont eu lieu », affirme la direction de l’université à l’AFP. Mais une assemblée générale regroupant près de 300 étudiants a voté le blocage de la fac à partir de mardi. D’autant que les étudiants ont assez peu apprécié la proposition du président de l’université de permettre à certains étudiants, sujets à des problèmes de transport, de dormir dans un gymnase mis à leur disposition à partir de ce lundi pendant la période des examens.

A l’université Rennes-2, des étudiants ont aussi empêché la tenue de certains partiels, comme l’a confirmé la direction de la fac à 20 Minutes. Décision a été prise de reporter tous les examens prévus cette semaine. La validité des épreuves perturbées sera évaluée au cas par cas, précise la direction et des perturbations sont annoncées pour ce mardi.

Certaines facs proposent des aménagements

Et la situation pourrait empirer dans les jours à venir, selon Orlane François, présidente de la Fage : « Ces blocages pourraient prendre dans l’ampleur dans les universités qui n’ont pas su trouver de solution adaptée pour que tous les étudiants puissent se rendre sur le campus », prévient-elle. Même son de cloche du côté de Mélanie Luce, présidente de l’Unef : « Les étudiants des universités franciliennes viennent de toute la banlieue, et plusieurs établissements n’ont pas anticipé les difficultés liées aux grèves. »

Outre le gymnase de Nanterre, certaines universités ont pourtant proposé des solutions pour faciliter la venue des étudiants. Le président de l’université Sorbonne Paris-1, Georges Haddad, qui a repoussé les partiels au 13 janvier, a par exemple décidé d’adapter leurs horaires « Les examens commenceront à 10 h du matin pour permettre aux étudiants d’arriver malgré la grève des transports et les examens se finiront, chaque jour, vers 18 h 30 maximum, leur permettant de rentrer chez eux dans de bonnes conditions », a-t-il déclaré à BFMTV. Idem à l’université d’Evry, où les épreuves ont démarré ce lundi à 9 h, et leur durée a été réduite d’une demi-heure. « Le contenu de ces examens sera allégé », précise aussi l’université dans un communiqué, et « les absences aux examens seront considérées comme justifiées », ce qui ne pénalisera pas ceux qui n’ont pu se rendre sur place.

Les devoirs maison, une solution ?

Mais pour les organisations étudiantes, ces solutions ne sont pas suffisantes. « Il faut soit reporter les partiels après les grèves, soit envisager de dématérialiser les examens, afin de permettre aux étudiants de les passer à distance », estime Orlane François. Un avis partagé par Mélanie Luce : « On ne peut pas demander aux étudiants de dormir dans un gymnase ou de se lever à 5 h du matin pour passer leurs examens. Et il serait injuste de mettre zéro aux étudiants sans moyen de transport. Il faut mettre en place des devoirs maison », estime-t-elle.

Une solution qui ne séduit guère les universités, craignant que certains étudiants se fassent aider. « Pour éviter cet écueil, il suffit de ne pas les évaluer sur des questions de connaissances, mais sur un devoir de réflexion ou sur un projet pédagogique », rétorque Orlane François. Plusieurs pétitions lancées par des collectifs d’étudiants ont demandé la même chose. Celle des étudiants de Paris-1 a déjà recueilli 7.300 signatures, celle de Sorbonne Université 3.800, et celle de Paris-7, 2.800…