Réforme des retraites : Les avocats promettent une journée « justice morte » ce lundi… Et ça pourrait durer

GREVE Les avocats n’assureront aucune audience, ne participeront pas plus aux gardes à vue ce lundi. Ils s’opposent à leur intégration au régime général dans le cadre de la réforme des retraites

Béatrice Colin

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A l'appel du conseil national des Barreaux, les avocats seront en grève à partir de ce lundi.
A l'appel du conseil national des Barreaux, les avocats seront en grève à partir de ce lundi. — Julie Urbach / 20 Minutes
  • A compter de ce lundi et jusqu’à vendredi, les avocats annoncent une « grève dure » contre la réforme des retraites portée par le gouvernement.
  • A Toulouse, à l’appel du Conseil national des barreaux, ils n’assureront pas les comparutions immédiates et l’ordre des avocats ne désignera pas d’avocats commis d’office.
  • Les robes noires veulent garder leur régime autonome « bénéficiaire et solidaire », et dénoncent le doublement de cotisations pour les plus bas revenus s’ils devaient intégrer le régime général.

Ils promettent un lundi noir dans les prétoires, une « grève dure » au point de ne pas assurer les audiences de comparution immédiate ou encore la désignation des commis d’office pour assurer la défense des personnes en garde à vue. Les avocats de Toulouse et d’ailleurs ont décidé de ne pas battre en retraite contre la réforme qui menace leur régime autonome.

A l’appel du Conseil national des barreaux, ce lundi, aucune robe noire toulousaine ne participera à une audience. « Les avocats s’y rendront pour solliciter le report, et ce sera le cas toute la semaine. Nous n’assurerons pas le contentieux de la liberté, l’ordre ne désignera aucun avocat commis d’office. C’est très rare que nous prenions ce genre de décision, c’est le dernier degré pour être entendu », explique Manuel Furet, le bâtonnier de Toulouse.

Comme ses confrères, il est opposé à l’intégration de sa profession au régime universel des retraites voulu par le gouvernement. « Nous réclamons le maintien de notre régime autonome qui fonctionne bien. C’est un régime bénéficiaire et solidaire envers les régimes déficitaires, mais aussi pour ceux qui ont cotisé le moins ou encore qui ont beaucoup travaillé à l’aide juridictionnelle », plaide l’avocat toulousain.

Cotisations doublées, pension abaissée

Le passage au régime général entraînerait un doublement des cotisations de 14 à 28 % pour ceux qui gagnent moins de 41.000 euros par an, soit un tiers des avocats toulousains.

« Et parallèlement, nous allons avoir une réduction du montant minimum des pensions, aujourd’hui avec notre régime il est de 1.400 euros, demain avec le régime général il serait de 1.000 euros », relève le représentant des robes noires de la Ville rose qui annonce que le mouvement est prévu pour durer au moins jusqu’à vendredi.