Paris: Une campagne de pub anti-IVG et anti-PMA retirée des gares après une polémique

DÉBAT La maire de Paris a demandé le retrait de ces affiches, exprimant son indignation sur Twitter, comme de nombreux internautes

20 Minutes avec AFP

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La station de métro Pasteur sur la ligne 12, à Paris.
La station de métro Pasteur sur la ligne 12, à Paris. — ISA HARSIN/SIPA

Aussitôt déployée, aussitôt retirée, ou presque. Une campagne d’affichage menée par l’association Alliance-Vita dans les gares franciliennes, et jugée anti-avortement et anti-PMA, a suscité la polémique jeudi, conduisant l’afficheur Mediatransports à enlever les visuels et à s’expliquer vendredi sur le processus de validation l’ayant amené à accepter cette campagne. Celle-ci est apparue tandis que la loi sur la bioéthique, adoptée en octobre par l’Assemblée nationale et débattue au Sénat à partir du 21 janvier, prévoit notamment l’ouverture des techniques de procréation médicalement assistée à toutes les femmes.

Association du mouvement « pro-vie » qui milite notamment contre l’avortement et la procréation médicalement assistée, Alliance-Vita a articulé sa campagne autour de plusieurs visuels avec un slogan, « la société progressera », y ajoutant, selon les cas, « à condition de respecter la paternité » ou « la maternité » ainsi que « la différence ». La maire de Paris, Anne Hidalgo, s’est dite sur Twitter « profondément choquée et indignée par cette campagne anti-IVG et anti-PMA » et a demandé jeudi à Mediatransports d’enlever les affiches incriminées. Ce qu’a fait la régie publicitaire le jour même.

Alliance-Vita dénonce une censure

« Deux visuels relatifs à la protection de la maternité et à la protection de la paternité peuvent être entendus comme des messages militants excédant le principe de neutralité qui s’impose dans les transports publics », a expliqué Mediatransports, pour justifier sa décision. L’entreprise avait validé la campagne après avis favorable de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), qui avait cependant alerté sur les risques de polémiques possibles, a précisé Mediatransports.

Dans un communiqué publié sur son site, comme sur les réseaux sociaux, l’association Alliance-Vita a dénoncé une « censure » menée « sur injonction de la maire de Paris » et ajoute avoir déposé un recours d’heure à heure auprès du tribunal judiciaire de Paris « pour que soit assurée sans délai la poursuite de cette campagne et que soit mis fin à la censure dont elle fait l’objet ».