Affaire Carlos Ghosn : L’utilisation des jets privés dans sa fuite était « illégale », estime la compagnie turque

ENQUETE La compagnie suspecte l’un de ses employés, qui a été arrêté par la police turque

20 Minutes avec AFP

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Une piétonne passe devant un écran diffusant l'image de Carlos Ghosn à Tokyo, le 20 décembre 2018.
Une piétonne passe devant un écran diffusant l'image de Carlos Ghosn à Tokyo, le 20 décembre 2018. — Behrouz MEHRI / AFP

Deux appareils de la compagnie aérienne privée turque MNG Jet ont été utilisés dans la fuite de Carlos Ghosn, l'ex-PDG de Renault-Nissan, du Japon. La compagnie a annoncé avoir porté plainte ce vendredi, dénonçant un acte « illégal ».

« MNG Jet a déposé une plainte au sujet de l’utilisation illégale de ses services d’aviation privée en lien avec la fuite de Carlos Ghosn », déclare la compagnie dans un communiqué. Selon MNG Jet, deux jets privés ont été loués en décembre à deux clients : l’un des appareils pour un vol Dubaï-Osaka, puis Osaka-Istanbul, et l’autre pour un vol Istanbul-Beyrouth. « Ces deux locations n’avaient en apparence aucun lien entre elles. Le nom de Carlos Ghosn n’est apparu dans les documents d’aucun des deux vols », a affirmé MNG Jet, ajoutant que la compagnie opère les appareils mais n’en est pas propriétaire.

Sept suspects arrêtés

La compagnie rejette la faute sur l’un de ses employés, qui a été arrêté par la police turque et qu’elle accuse d’avoir agi de sa propre initiative et d’avoir « falsifié des documents ». MNG Jet indique avoir lancé une enquête interne et coopérer avec les autorités turques qui ont arrêté jeudi sept personnes, dont quatre pilotes, soupçonnées d’avoir aidé Carlos Ghosn dans sa fuite. Les sept suspects doivent être déférés devant un tribunal vendredi en vue de leur placement en détention provisoire.

La fuite de Carlos Ghosn du Japon, où il est accusé de malversations financières et était assigné à résidence après 130 jours en prison, constitue un spectaculaire rebondissement dans une affaire hors normes qui a vu la chute de l’un des plus puissants patrons de l’automobile. D’après les médias turcs, Carlos Ghosn est soupçonné d’avoir atterri tôt lundi à l’aéroport Atatürk à bord d’un appareil en provenance d’Osaka et d’en être reparti vers le Liban, peu de temps après à bord d’un autre jet privé.