Attention à cette vidéo de violences policières (qui date de 2016)

FAKE OFF Une vidéo de violences policières filmée en 2016 a ressurgi sur Twitter, où elle est présentée comme datant du 26 décembre 2019

Alexis Orsini

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La vidéo prétendument filmée le 26 décembre 2019 remonte en réalité à mars 2016.
La vidéo prétendument filmée le 26 décembre 2019 remonte en réalité à mars 2016. — capture d'écran/Twitter
  • Une vidéo de quelques secondes montre un homme, encerclé par deux policiers, recevoir un violent coup au visage de l’un des deux.
  • A en croire sa légende, sur Twitter, elle aurait été filmée ce 26 décembre, pendant une mobilisation contre la réforme des retraites du gouvernement Macron.
  • Mais cet incident remonte en réalité à mars 2016, en pleine mobilisation contre la loi Travail du précédent quinquennat.

La scène ne dure que six secondes, mais elle est particulièrement choquante. Quelques instants seulement après avoir été forcé à se remettre debout par les forces de l’ordre, un lycéen se retrouve de nouveau au sol lorsqu’il reçoit un violent coup de poing du policier qui lui faisait face.

« Des policiers filmés en train de frapper un manifestant le 26 décembre à Paris […] Macron aux grévistes : Joyeux Noël », s’indigne la légende de cette vidéo partagée plus de mille fois sur Twitter, depuis sa mise en ligne ce jeudi, lors d’une nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites.

Or, si la vidéo est authentique, elle est sortie de son contexte puisqu’elle a en réalité été filmée il y a trois ans.

FAKE OFF

La séquence – tirée d’une vidéo d’Euronews en date du 24 mars 2016 et toujours disponible sur YouTube – remonte en effet à la mobilisation contre la loi Travail, sous le quinquennat de François Hollande.

Elle montre plus précisément un adolescent de 15 ans frappé par les forces de l’ordre à proximité du lycée Bergson (dans le 19e arrondissement de Paris), où des élèves avaient organisé un blocage. Les images de l’incident – au même titre que les blessures de l’adolescent, au nez cassé – avaient suscité de vives réactions à l’époque, y compris du ministre de l’Intérieur en poste, Bernard Cazeneuve, qui s’était dit « choqué ».

Si le policier concerné s’était défendu de vouloir frapper l’adolescent au visage, il avait finalement été condamné à huit mois de prison avec sursis.

Les récentes mobilisations contre la réforme des retraites ne sont toutefois pas exemptes de cas semblables de violence : l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a ainsi ouvert une enquête après la diffusion d’une vidéo montrant un homme frappé par deux policiers, lors de la manifestation du 5 décembre, à Paris.