Le ministère de la Santé alerte sur le danger « grave » voir « mortel » des piles boutons avalées par les enfants

JOUETS Le gouvernement appelle les parents à la « vigilance » des piles boutons, entrées par millions dans les foyers avec les jouets de Noël.

avec AFP

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Avec un diamètre de 5 à 20 mm et une hauteur de 1 à 6 mm, les piles bouton ont une taille et une forme qui peut s’apparenter à un bonbon
Avec un diamètre de 5 à 20 mm et une hauteur de 1 à 6 mm, les piles bouton ont une taille et une forme qui peut s’apparenter à un bonbon — Pixabay / saulhm

En 20 ans, les piles boutons ont causé six morts et 51 accidents graves. Ce vendredi, le ministère de la Santé a rappelé dans un communiqué la dangerosité de ses petites piles plates et rondes arrivée en masse encore une fois cette année dans les foyers avec les jouets de Noël. Les accidents causés par celles-ci peuvent être graves, voir mortels.

« L’ingestion d’une pile bouton est une vraie urgence », insiste le ministère, en appelant les parents à la « vigilance ». Car « le nombre de cas d’ingestion (…) par de jeunes enfants a considérablement augmenté » depuis une quinzaine d’années, avec la généralisation de ces petites piles.

Risque d’action électrique dans l’œsophage

Les conséquences sont « parfois dramatiques : six décès (dont cinq jeunes enfants) ont été observés, tandis que 51 personnes ont présenté de graves complications sur la période 1999-2018 », ajoute le ministère, selon lequel 4.500 appels ont été passés pour cette raison aux centres antipoison sur cette période.

Une fois avalées, les piles bouton peuvent se coincer dans l’œsophage, le conduit qui relie la bouche à l’estomac. Le danger le plus immédiat ne vient pas des produits qu’elles contiennent, mais de leur action électrique dans le milieu humide qu’est l’œsophage.

« Contacter immédiatement un centre antipoison ou le SAMU »

En agissant par électrolyse, elles peuvent entraîner des « complications très graves parfois mortelles, apparaissant dans un délai parfois très court (moins de deux heures) » : elles peuvent brûler voire perforer l’œsophage, causer une « hémorragie brutale et imprévisible » ou une « perforation des voies respiratoires ».

Si un enfant avale une pile bouton (ou si on soupçonne qu’il ait pu le faire), il est « impératif, sans attendre que des symptômes apparaissent, de contacter immédiatement un centre antipoison ou le SAMU », préconise le ministère.

« Ne donner ni à boire ni à manger à son enfant »

Il faut alors « indiquer explicitement à son interlocuteur qu’il s’agit peut-être de l’ingestion d’une pile bouton » et « ne donner ni à boire ni à manger à son enfant ». Il ne faut pas non plus provoquer des vomissements. Autre précaution : « Etre en mesure de montrer l’emballage ou l’appareil contenant les piles afin d’aider le médecin à identifier le type et la taille de la pile », ce qui « facilitera la prise en charge ».

« Les soins mis en œuvre en cas d’ingestion peuvent être lourds et des séquelles peuvent subsister », poursuit le ministère. Même déchargée, une pile bouton « reste dangereuse en cas d’ingestion. Elle peut provoquer le même type de lésions que lorsqu’elle est chargée ».