Limitation à 80 km/h : Il est désormais légalement possible pour les départements de revenir aux 90 km/h

HESITATIONS Pourtant, les départements hésitent à prendre la mesure

20 Minutes avec AFP

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En Charente, à l'été 2018, lors du changement des panneaux de limitation de vitesse. (archives)
En Charente, à l'été 2018, lors du changement des panneaux de limitation de vitesse. (archives) — Jean Michel Nossant/SIPA

Revenir à la limitation à 90 km/h sur les routes secondaires sans séparateur central est désormais tout à fait légalement possible. Le Figaro nous rappelle en cette fin d’année que la loi sur les mobilités, qui contient notamment un article permettant ce retour en arrière, a été promulguée. Seulement, les élus départementaux, qui gèrent ces routes, semblent désormais moins enclins à vouloir voir disparaître les panneaux limitant la vitesse à 80 km/h.

Il faut dire qu’un rapport du Conseil national de Sécurité routière (CNSR), publié l’été dernier, un an après la mise en place de la limitation à 80 km/h, en a refroidi plus d’un. Le Figaro rappelle que ce rapport préconise, pour tout retour aux 90 km/h, qu’il soit désormais interdit de doubler sur ces routes et aussi la suppression des intersections. Il faudrait aussi que ces routes ne soient pas accessibles aux véhicules agricole, ce qui paraît peu crédible en zone rurale.

Un piège ?

Les recommandations de ce Conseils ne sont pas contraignantes. Néanmoins, les élus craignent qu’en cas d’accident mortel sur ces routes où on pourra de nouveau rouler plus vite on les traîne en justice sur la base de ce rapport. C’est le cas d’André Accary, le président LR du département de Saône-et-Loire. D’autres présidents de conseils départementaux y voient ainsi un piège.

Une manière pour Edouard Philippe, le grand avocat de l’abaissement de la limitation de vitesse sur les routes secondaires, de « verrouiller » cette décision qui a catalysé une partie de la colère des élus locaux et des « gilets jaunes », il y a un an.