Alcool et grève des transports : Plus d'un Français sur deux n'a pas anticipé son retour en voiture du Nouvel an

SECURITE ROUTIERE Une étude montre que si cette année 87 % des Français vont boire de l’alcool au réveillon de la Saint-Sylvestre, moins de la moitié a prévu une solution pour rentrer.

20 Minutes avec AFP

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Pour le passage à 2020, près de deux tiers des Français (64%) prévoient de boire au moins trois verres avec une consommation moyenne de près de quatre verres (3,9), soit deux fois la limite autorisée.
Pour le passage à 2020, près de deux tiers des Français (64%) prévoient de boire au moins trois verres avec une consommation moyenne de près de quatre verres (3,9), soit deux fois la limite autorisée. — Pixabay / StockSnap

Pour penser à l’alcool, les Français sont présents. Pour prévoir un retour de soirée responsable et en toute sécurité, c’est une autre histoire. Selon l’étude annuelle des associations Prévention Routière et Assurance Prévention publiée vendredi, moins d’un Français sur deux anticipe le retour du réveillon.

En détail, le dossier révèle que 87 % des Français vont boire de l’alcool pour fêter la nouvelle année et 46 % sont concernés par un retour en voiture soit en tant que chauffeur, soit comme passager ou bien comme hôtes de personnes qui prendront la route à l’issue du réveillon. Car depuis plusieurs années, les associations luttent pour responsabiliser aussi les personnes à ne pas laisser un de leur proche trop alcoolisé prendre le volant. Pourtant seulement 43,6 % de ces personnes concernées par un retour en voiture ont pris des dispositions pour garantir leur sécurité.

Avec la grève, VTC pris d’assaut et plus de véhicules sur les routes

A cela, il faut ajouter les effets de la grève à la RATP et à la SNCF. L’étude, arrêtée au 2 décembre, n’a cependant pas permis de les mesurer sur l’organisation des fêtards à l’approche du Nouvel An. Traditionnellement, les transports en commun sont par exemple gratuits dans toute l’Ile-de-France du 31 décembre à 17 heures au 1er janvier 12 heures.

« Il y aura plus de véhicules sur les routes, c’est une évidence, puisque certains trains ne roulent pas et les VTC et taxis seront pris d’assaut et chers avec la forte demande », a averti Eric Lemaire, vice-président d’Assurance Prévention, lors d’une conférence de presse. « Cela peut aussi conduire à davantage de responsabilisations. Quand on est à trois ou quatre dans une voiture, c’est plus facile pour désigner un + Sam + », un capitaine de soirée qui ne boit pas, a-t-il ajouté.

Solutions « inadaptées » et « dangereuses »

« Cette année, le 1er janvier tombe un mercredi, en milieu de semaine, et beaucoup vont reprendre la route car ils retournent au travail le 2, avec une grosse dette de sommeil et encore quelques vapeurs d’alcool », s’inquiète Anne Lavaud, déléguée générale de l’association Prévention Routière.

L’étude pointe également le fait que 34 % des Français optent pour des solutions « inadaptées » et « dangereuses » pour contourner les dangers de l’alcool. Parmi ces fausses bonnes idées, on retrouve : attendre avant de reprendre le volant, emprunter des petites routes, conduire lentement, boire plusieurs cafés ou prendre un bonbon à la menthe. Cependant les comportements « évoluent dans le bon sens », se félicitent les deux associations, dont le baromètre fête ses dix ans. Ainsi, depuis 2009, de plus en plus de Français désignent un « Sam » (59 %, +15 pts), rentrent en taxi ou VTC (30 %, +22 pts), dorment sur place (52 %, +10 pts) ou utilisent un éthylotest (46 %, +21 pts).

Une consommation moyenne de près de quatre verres

L’alcool, en cause dans 30 % des accidents mortels en 2018 selon la Sécurité routière, soit 985 morts, est le deuxième facteur de risque au volant après la vitesse excessive. Pour le passage à 2020, près de deux tiers des Français (64 %) prévoient de boire au moins trois verres avec une consommation moyenne de près de quatre verres (3,9), soit deux fois la limite autorisée.

Selon l’étude, 31 % des Français reconnaissent avoir déjà vu une personne ayant dépassé le taux légal autorisé reprendre le volant lors d’un réveillon et la moitié ignore qu’il faut une à deux heures pour éliminer un verre d’alcool.

Étude de l'institut Moaï réalisée par internet du 22 novembre au 2 décembre 2019, auprès d'un échantillon représentatif de 1.000 personnes âgées de 18 ans et plus.