Martinique: Cinq bus incendiés et un mouvement social qui dure

CONFLIT Les salariés de la Compagnie Foyalaise de Transport Urbain (CFTU) sont mobilisés contre la fin de la délégation de service public en place depuis 2005

20 Minutes avec AFP

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Carte de La Martinique.
Carte de La Martinique. — Google Maps

C’est une nouvelle escalade dans un conflit social impliquant la principale compagnie de bus de la Martinique dont les salariés sont en grève depuis le 17 décembre. Cinq bus ont ainsi été incendiés sur l’île dans la nuit de mercredi à jeudi.

Craintes sur la remise en cause des avantages

Les quelque 400 salariés, dont 180 chauffeurs, de la Compagnie Foyalaise de Transport Urbain (CFTU) sont mobilisés depuis que l’autorité qui gère les transports publics de l’île, Martinique Transport, a décidé d’ôter la délégation de service public à l’entreprise qui assure le réseau de bus depuis 2005 dans Fort-de-France et ses communes limitrophes. Une menace qui pesait depuis un an déjà sur la CFTU et qui prendra effet au 31 juillet prochain alors que le contrat devait courir jusqu’en 2023. Si le président de Martinique Transport a promis une garantie de l’emploi aux salariés, les syndicats craignent que leurs avantages soient remis en cause.

Ces derniers jours, ils ont donc mené plusieurs actions, opérations escargots, blocage de l’accès à deux importants centres commerciaux ainsi que de la SARA (Société Anonyme de Raffinerie des Antilles), ce qui a entraîné d’importants retards de livraison dans les 87 stations-service de l’île et des pénuries de carburants. Les grévistes ont également visé les entrées du Grand port maritime de Martinique qui a déposé un référé contre la CFTU après l’incendie de trois bus à quelques centaines de mètres seulement de l’appontement en carburants. Deux autres bus ont été incendiés ailleurs.

Jeudi, les grévistes ont accepté de lever leurs blocages devant la SARA et l’une des entrées du port après une rencontre avec le préfet. Les négociations devraient reprendre vendredi matin.