«Je prends la voiture», «Dîner avec voisins», «Soirée playstation»... Nos lecteurs racontent comment ils fêtent Noël pendant la grève

VOUS TEMOIGNEZ Alors que la grève contre la réforme des retraites complique les déplacements, les lecteurs de «20 Minutes» racontent comment ils préparent leur réveillon

Romarik Le Dourneuf

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Les repas associatif permettent de passer son réveillon en bonne compagnie
Les repas associatif permettent de passer son réveillon en bonne compagnie — Paul Currie

Nous y voilà. Depuis le 12 décembre dernier, la CGT-Cheminots rejette l’idée d’une trêve de Noël sans retrait du projet de réforme des retraites. Depuis plusieurs jours, les Français croisent les doigts et se débrouillent pour faire face aux difficultés de transport. 20 Minutes a demandé à ses lecteurs comment ils s’organisent pour ce Noël 2019.

Ceux qui iront coûte que coûte

« Vu que mon train a été annulé, je prends ma voiture avec mes deux garçons », raconte Hamel. Prendre la route est la solution qui est le plus souvent revenue dans les commentaires de nos lecteurs. Sans aller jusqu’à parler d’Odyssée, certains comme Nicolas vont combiner différents moyens de transport : « J’ai pris un Blablacar d’Annecy à Lyon, et réussi à trouver un Flixbus pour faire le trajet de Lyon à Rouen. » Le covoiturage est la solution privilégiée par les voyageurs comme Coline, dont les parents ne peuvent plus la rejoindre, alors elle va à eux, sans oublier d’en faire profiter les autres : « Je prendrai ma voiture pour traverser la France. J’ai proposé mon trajet et j’ai trouvé des passagers en quelques heures. Cela me paraissait normal d’aider les gens à rejoindre leur famille. » René, lui, a même loué une camionnette de neuf places : « Mes enfants, venant de Buenos Aires, devaient venir faire Roissy-Angers en train. Puisque leur train est annulé, j’irai les chercher. »

A défaut de chemin de fer, Yann s’est rabattu sur les airs : « Alors que tout espoir était perdu, j’ai trouvé un vol de Berlin à Paris. » D’autres espèrent aussi un signe de la providence de dernière minute, c’est le cas de Florent qui raconte : « J’ai choisi de passer par DriiveMe, l’inconvénient, c’est que les locations sont au dernier moment et que tu as deux minutes pour réserver. »

Ceux qui fêteront Noël un autre jour

Si Noël est une tradition familiale, les moments passés avec les proches dépassent la seule date du 25 décembre. C’est pourquoi beaucoup de lecteurs de 20 Minutes ont fait le choix de déplacer le réveillon. Pour Clémence, Noël est déjà du passé, elle explique : « Je me doutais que ça allait se passer comme ça. Je n’avais pas envie de me battre pour un train, alors on a fêté Noël fin novembre avec ma famille. » Même choix pour Patrice qui devrait même bénéficier de deux fêtes : « J’ai anticipé et je suis allé voir mes parents il y a un mois. Et j’y retournerai dès la fin de la grève. » Frédéric, non plus n’a pu fixer de date pour le moment et prend la situation avec philosophie : « Ce n’est rien car les êtres que j’aime sont en moi et je les rejoindrai quand je pourrais. »

Ceux qui improvisent

Comme Frédéric, Solenn prend la chose avec légèreté et a déjà trouvé une alternative à son repas de famille : « Le monde ne va pas s’écrouler parce que je ne vois pas ma famille ce jour-là. Une association de théâtre de mon quartier organise un repas pour les âmes seules comme moi. Ce sera l’occasion de rencontrer du monde. » Francine aussi va profiter de la situation pour faire connaissance avec son voisinage : « Mes enfants ne pourront pas venir, alors avec les voisins d’immeuble dans le même cas, nous allons faire un petit repas, et nous ne serons pas les plus à plaindre. » Elle ajoute optimiste : « Noël, c’est le partage, même avec ceux qui ne nous sont pas (encore) proches. » De proches, Geoffrey en aura deux, à défaut de pouvoir passer la soirée en famille, il la passera avec deux amis : « Ils vont venir chez moi, on va se faire une raclette, des jeux vidéo et deux ou trois films de Noël bien ringards et légers. Je ne serai pas malheureux. »

Ceux qui ne feront rien

Les jeux vidéo devraient tourner également chez Jacky* qui profitera d’une éventuelle économie : « Si je n’ai pas de train, je commanderai une playstation. » Une activité qui devrait remédier au manque de compagnie pour la soirée, au contraire d’Anna qui a prévu de ne rien faire pour le réveillon : « Je comprends les grèves, mais j’avoue être assez triste d’être seule pour le réveillon. » D’autres également seuls pour le réveillon se consolent en y voyant les avantages, c’est le cas de Thierry : « Pas de Noël, bonne nouvelle. Pas de cadeaux, économie. Pas de repas, régime. Pas de discussions à risque, sérénité. »