Grève SNCF : A quoi faut-il s’attendre dans les prochains jours ?

TRANSPORTS Malgré une baisse du nombre de grévistes, la mobilisation contre la réforme des retraites continue, ce mardi, à la veille de Noël

20 Minutes avec AFP

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Des usagers de la SNCF sur un quai de la gare Saint Lazare à Paris, le 24 septembre 2019 (illustration).
Des usagers de la SNCF sur un quai de la gare Saint Lazare à Paris, le 24 septembre 2019 (illustration). — Michel Euler/AP/SIPA

Vingt jours après le début de la grève contre la réforme des retraites, le mouvement de contestation continue, ce mardi, à la veille de Noël. Et cette année, peu de trains sous le sapin, selon les prévisions.

Malgré la baisse du nombre de grévistes (9,2 % des personnels SNCF et 47,7 % des conducteurs lundi), la situation restera très perturbée à la SNCF, qui prévoit 40 % des TGV et des TER, 20 % des Intercités et Transilien. Du côté de la RATP, 6 lignes de métro sont toujours complètement fermées, seules les deux lignes automatiques 1, 14 et Orlyval circulant normalement.

Certains Transiliens fermés toute la journée de mercredi

En outre, la SNCF avertit qu’en Ile-de-France, plusieurs lignes « fermeront de manière anticipée en fin de journée » mardi et ne rouvriront que mercredi « en début d’après-midi ». Elle communiquera dans la journée sur la circulation des TGV et Ouigo pendant le week-end du 28-29, pour le chassé-croisé des vacances de Noël. Pour maintenir la flamme, la CGT-Cheminots a prévu des actions toute la semaine, avec notamment « un ensemble d’initiatives pour fêter Noël entre grévistes », selon les mots de son secrétaire général, Laurent Brun.

Pour maintenir la flamme, la CGT-Cheminots a prévu des actions toute la semaine. « Il n’y a pas de raison que ça s’arrête soudain », a dit dans l’Humanité Laurent Brun, le secrétaire général de la CGT-Cheminots, se projetant déjà après Noël : « On ne s’arrêtera pas quand on a perdu 20 ou 25 jours de salaires juste parce que c’est le Nouvel An ».

Dès lundi, des « banquets » de Noël ont été organisés, comme à la gare de Fleury-les-Aubrais (Loiret), où certains des quelque 80 cheminots grévistes présents s’étaient déguisés en père Noël. Ce genre d’initiative devrait se reproduire mardi, à l’image d’un « repas des grévistes » organisé à midi par SUD-Rail Gare de Lyon à Paris. En attendant un « temps fort » samedi 28, a expliqué Erik Meyer (SUD-Rail), avec des mobilisations sur tout le territoire, à l’appel de la CGT-Cheminots et de SUD-Rail.

De la « détermination »

Lundi, des manifestants ont brièvement bloqué la circulation sur la ligne 1 du métro parisien et occupé des voies de train Gare de Lyon. « On nous explique qu’il n’y a plus de grève, que tout se passe bien… Le but était de montrer une certaine forme de détermination », a expliqué Fabien Villedieu, délégué SUD-Rail qui a participé à cette action surprise. « Le pays est bloqué, les gens ne peuvent pas prendre le train, il y a une colère sociale comme jamais », a-t-il dénoncé, en exhortant le gouvernement à « arrête[r] ses vacances ».

Mais l’exécutif, qui veut remplacer les 42 régimes de retraites existants par un « système universel » par points, exclut de revenir sur la « suppression des régimes spéciaux », dont ceux de la RATP et de la SNCF, a rappelé son nouveau « Monsieur Retraites », Laurent Pietraszewski. Matignon a communiqué lundi soir son programme de concertations avec les partenaires sociaux : ils seront reçus le 7 janvier par les ministres du Travail et de la Santé, Muriel Pénicaud et Agnès Buzyn, ainsi que par Laurent Pietraszewski et Olivier Dussopt (Fonction publique), pour parler pénibilité et gestion des fins de carrières.

Une nouvelle mobilisation le 9 janvier

Les discussions se poursuivront, y compris avec d’autres membres du gouvernement, avant la présentation du projet de loi en Conseil des ministres le 22 janvier, pour évoquer notamment les fins de carrière à l’hôpital, la retraite progressive des fonctionnaires ou les rémunérations des enseignants. Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, a regretté mardi d’avoir appris par la presse ce calendrier et ne sait pas encore s’il s’y rendra. De son côté, Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France Insoumise, a estimé que cette concertation était « une comédie ».

Parallèlement, le Premier ministre Edouard Philippe « proposera […] une méthode de travail » concernant l’équilibre financier du système de retraites durant la « semaine du 6 janvier ». « Les sujets sur lesquels on nous propose de discuter n’ont rien à voir avec le système universel des retraites », a dénoncé lundi sur BFMTV le numéro un de Force ouvrière, Yves Veyrier, appelant à nouveau le gouvernement à renoncer purement et simplement à la réforme. Avec la CGT, FO sera à nouveau dans la rue le 9 janvier.