Corse : Le FLNC dit «du 22 octobre» revendique l'attentat contre les villas Ferracci

NATIONALISME Il s'agit de la première action violente revendiquée par le groupe depuis son processus de démitarisation 

J.-L.D. avec AFP

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Le Front de libération nationale de la Corse (FLNC) avait annoncé en 2014 qu'il déposait les armes, au terme de quatre décennies marquées par plus de 4.500 attentats revendiqués.
Le Front de libération nationale de la Corse (FLNC) avait annoncé en 2014 qu'il déposait les armes, au terme de quatre décennies marquées par plus de 4.500 attentats revendiqués. — AFP PHOTO STF / AFP

Le mouvement clandestin nationaliste corse du  FLNC « dit du 22 octobre » a revendiqué ce lundi l’attentat aux bonbonnes de gaz commis vendredi et qui a endommagé une villa de l’homme d’affaires Pierre Ferracci à l’extrémité sud de l’île.

Il s’agit de la première action violente revendiquée par ce groupe depuis qu’il a annoncé s’engager dans un « processus de démilitarisation », en mai 2016. « La paix que nous voulons et que nous encourageons depuis 2016 n’est pas la paix des cimetières des peuples disparus (…). Nous n’avons pas signé un blanc-seing à la France », écrit le groupe dans un communiqué, adressé à France 3 ViaStella et Corse Matin, et que l’AFP a consulté.

Condamné en appel à un million d’euros en 2017

Dans ce document de deux pages, le groupe assure avoir une « volonté d’apaisement » et aspirer « à la paix » mais dénonce « l’extension exponentielle de la construction » immobilière sur l’île. L'attentat de vendredi, qui n’a pas fait de blessés, a visé deux villas corses de l’homme d’affaires Pierre Ferracci, au cœur d’un conflit judiciaire pour les avoir édifiées avec un permis contesté en justice dans un site protégé. L’une d’elle a été dégradée.

Une enquête avait été ouverte dans la foulée par le parquet d’Ajaccio et confiée à la section de recherche de la gendarmerie. L’entrepreneur, président du Paris Football Club et réputé proche du président de la République Emmanuel Macron, avait été condamné en appel, en juillet 2017, à un million d’euros d’amende pour la construction de ces villas avec un permis contesté.

Une décision de la cour d’appel d’Aix-en-Provence annulée

Mais la justice n’a cependant pas ordonné la démolition de la piscine et des deux maisons, construites sur des espaces naturels remarquables de la plage de la Rondinara près de Bonifacio, au grand dam des associations de défense de l’environnement, dont U Levante, qui avait saisi la Cour de cassation.

Cette dernière a annulé la décision de la cour d’appel d’Aix-en-Provence en mars 2019 et ordonné un nouveau procès. Plusieurs rassemblements avaient eu lieu en Corse fin juillet et début août.