Tempête Fabien : Encore plusieurs milliers de foyers restent privés d’électricité, la Corse isolée

BOUGIE Les coupures d'électricité ont particulièrement touché le Sud-Ouest

R. G.-V. avec AFP
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Des agents d'Enedis tentant de réparer des lignes électriques, ici dans le Sud-Est de la France, mi-décembre. (illustration)
Des agents d'Enedis tentant de réparer des lignes électriques, ici dans le Sud-Est de la France, mi-décembre. (illustration) — JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

La tempête Fabien laissait toujours ce lundi, 14.000 milliers de foyers sans électricité, dans le Sud-Ouest et en Corse, où les transports maritimes et aériens ont repris après un week-end de suspension.

Selon le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité Enedis, environ 12.000 foyers, hors Corse, restaient privés d’électricité lundi vers midi, principalement en Nouvelle-Aquitaine. Près de 200 groupes électrogènes sont déployés sur les régions concernées. En Corse, 2.000 foyers environ étaient encore sans électricité lundi matin.

Pas de déplacements en Corse

A la mi-journée, une cellule de suivi des intempéries a été installée à la demande la préfète afin de faire le point sur « les travaux en urgence sur les points durs que sont bien sûr l’aéroport (d’Ajaccio), mais aussi les routes coupées sur lesquelles il faut opérer des pompages, et l’évaluation des ouvrages d’art tels que les ponts », a indiqué Alain Charrier, secrétaire général de la préfecture de Corse-du-Sud. L’aéroport d’Ajaccio a été durement touché par la tempête ce week-end, et a vu ses pistes inondées. Lundi le pompage de l’eau sur les pistes continuait, « s’ensuivra une phase de nettoyage puis de remise en service », a-t-il ajouté, sans se prononcer sur lune date de réouverture de l’aéroport.

Face à cette perturbation, la compagnie Air Corsica, qui opère la grande majorité des vols vers la Corse en hiver, avait mis en place des navettes pour acheminer par car les passagers d’Ajaccio à l’aéroport de Bastia-Poretta. « Même si Ajaccio ne rouvre pas demain », a indiqué Luc Bereni, président du directoire de la compagnie, « nous avons bon espoir de parvenir à cet objectif d’acheminer 100 % des clients pour la soirée de Noël ». Les passagers dont le vol a été annulé samedi ou dimanche ont pu s’enregistrer pour un départ lundi ou mardi, selon Air Corsica, qui a affrété 87 avions lundi.

Du côté des bateaux, le trafic a repris lundi matin, avec des modifications de navires et d’horaires pour les passagers toutefois. Corsica Linea, qui chiffrait à 6.000 ses passagers en difficulté pendant le week-end, a programmé deux nouvelles traversées lundi. Le trafic ferroviaire a repris progressivement à midi lundi.

Le sud-ouest balayé par la tempête

L’épisode de Corse est « une dépression secondaire, liée à un creux dans le Golfe de Gênes, donc pas directement liée à « Fabien », même si l’on ne peut pas vraiment dissocier les deux », a expliqué une prévisionniste de Météo-France. La fin de phénomène est prévu lundi à minuit. Dans le sud-ouest, Fabien, « forte tempête hivernale » d’une intensité « un peu plus marquée » que celle du 13 décembre selon Météo-France, avait engendré en première partie de nuit des pointes de vents jusqu’à 148 km/h au cap Ferret (Gironde), 142 km/h à Messanges (Landes) sur la côte.

Secours et préfectures ont signalé de multiples interventions pour arbres ou câbles sur les routes, locaux inondés, toitures arrachées. A Bordeaux, où le vent a soufflé jusqu’à 141 km/h une toiture effondrée a causé l’évacuation de huit personnes dans un immeuble du centre-ville. Dans la nuit, si les vents ont faibli sur la côte, ils se sont renforcés dans les terres, atteignant 102 km/h à Bergerac (Dordogne), 106 km/h à Angoulême (Charente), 113 km/h à Lahas (Gers).

Ce lundi matin, quatre départements étaient en vigilance orange, Savoie pour avalanche, Finistère, Ille-et-Vilaine et Charente-Maritime pour inondations.

La tempête Fabien est provoquée par une différence exacerbée entre basses pressions sur les îles britanniques et hautes pressions au large du Maroc, qui génère le vent, explique Christelle Robert, prévisionniste à Météo-France. Un type d’épisode « fréquent en hiver » et pour lequel le changement climatique « n’est pas en cause ».