Réforme des retraites : Commerces, ports, hôtels… Certains secteurs d’activité commencent à souffrir de la grève

FETES DE FIN D'ANNEE Parfumeurs, magasins de jouets, chocolatiers… Le Conseil du commerce de France (CdCF) a quantifié la chute d’activité à 20 % en Ile-de-France, tous secteurs confondus

20 Minutes avec AFP

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Un manifestant à Nantes, le 17 décembre 2019.
Un manifestant à Nantes, le 17 décembre 2019. — Loic VENANCE / AFP

Les chiffres des fêtes de fin d’année directement impactés par la mobilisation contre la réforme des retraites. Alors que la grève entre dans sa troisième semaine, certains secteurs d’activité commencent à souffrir. A commencer par le commerce et la restauration, pour lesquels cette période est cruciale.

En région parisienne, les commerçants ont accusé des baisses de chiffres d’affaires de 25 % à 30 % la semaine dernière, « sur une base de comparaison déjà faible en raison des « gilets jaunes » l’an dernier », selon Procos, la fédération du commerce spécialisé.

« Tendre la main » aux commerçants de proximité

Le Conseil du commerce de France (CdCF) a quantifié la chute d’activité à 20 % en Ile-de-France, tous secteurs confondus, avec des métiers particulièrement touchés : parfumeurs, magasins de jouets, chocolatiers. En revanche, « dans les grandes villes de province, l’activité se poursuit, pas de manière euphorique certes, mais c’est stable », a indiqué William Koeberlé, le président de l’organisme. Dans ce contexte, la secrétaire d’Etat Agnès Pannier-Runacher a appelé jeudi à une trêve pour Noël et a invité les Français à aller chez les « commerçants de proximité ». « C’est le moment de leur tendre la main », a-t-elle souligné.

Sur le plan national, depuis le début du mouvement social, « on est à -30 % de chiffre d’affaires pour les hôtels, -35 % pour les traiteurs-organisateurs de réceptions, -40 % pour les cafés-bars et -45 % pour les restaurants, selon une enquête à laquelle environ 6.000 de nos adhérents ont répondu », a rapporté Franck Trouet, porte-parole du syndicat GNI-Synhorcat.

L’hôtellerie en galère à Paris

La situation est notamment « catastrophique à Paris », a indiqué lundi Franck Delvau, coprésident pour Paris et l’Ile-de-France de l’Union des métiers et industries de l’hôtellerie (Umih). « Non seulement plus aucun événement, conférence, séminaire… ne va se tenir d’ici à la fin de l’année, mais il y a un nouveau phénomène : nous n’avons plus du tout de réservations », a-t-il affirmé.

L’Umih a demandé mercredi à la maire de Paris, Anne Hidalgo, d’accorder « la gratuité complète des droits de terrasse pour les cafés et restaurants pour les deux mois de décembre et de janvier qui auront été les plus pénalisants ». Face aux difficultés du secteur et à celles du commerce, le gouvernement a déjà décidé de réactiver certaines mesures d’aides déjà utilisées lors du mouvement des « gilets jaunes ».

Les ports français bloqués

Les blocages et arrêts de travail ont un « impact catastrophique » sur le secteur des transports et de la logistique, s’est alarmée mercredi l’Union des entreprises transport et logistique de France (TLF). Transport routier, maritime, fret ferroviaire : « l’ensemble de la chaîne » est touchée, a expliqué l’organisation qui n’a toutefois pas donné de chiffres. « Cette grève aura des incidences très fortes sur le long terme pour nos entreprises », a estimé son président, Eric Hémar.

La situation est en particulier « alarmante » dans les ports, où la grève est « très suivie » par les personnels chargés de la manutention, les éclusiers et les sociétés de remorquage, selon l’Union TLF, pour qui la congestion des terminaux a entraîné le détournement des navires vers d’autres ports. Ce constat est partagé par six organismes représentant la filière qui affirment dans un communiqué commun que la chaîne logistique portuaire est en « péril économique ».

Les expéditions de certaines raffineries ont été affectées par la grève, tandis que des manifestants tentaient de bloquer certains dépôts. « Mais on est très très loin d’une pénurie », a assuré Francis Duseux, président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), qui dénombrait seulement 170 stations-service (sur 11.000) en rupture d’un ou plusieurs produits mardi soir.

Le courrier et les billets peu impactés

En ce qui concerne La Poste, les mouvements sociaux ont un impact limité sur son activité. « Toutes les équipes sont mobilisées en cette période de fin d’année pour livrer tous les colis de Noël à temps au pied du sapin », a déclaré une porte-parole du groupe.

De son côté, la Banque de France est « extrêmement vigilante » concernant l’approvisionnement des distributeurs automatiques de billets (DAB), dont la situation reste à ce stade « satisfaisante », a expliqué à l’AFP Christophe Baud Berthier, directeur des activités fiduciaires de l’institution.