Marseille : Après les agents CGT du port, les remorqueurs se mettent en grève…. Quelles conséquences sur le trafic passager ?

SOCIAL Après les agents CGT du port, les remorqueurs entrent dans la danse

Caroline Delabroy

— 

Sur le port de Marseille, lors de la grève du 12 décembre 2019.
Sur le port de Marseille, lors de la grève du 12 décembre 2019. — Daniel Cole/AP/SIPA
  • Les agents CGT du port de Marseille suivent chaque journée de grève nationale contre la réforme des retraites.
  • Les remorqueurs du port viennent également de se mettre en grève.
  • L’escale inaugurale du nouveau navire de Costa Croisière a été annulée, mais MSC Croisières poursuit pour le moment ses escales.

L’escale inaugurale était prévue de longue date. Ce jeudi, le Costa Smeralda, le tout nouveau navire propulsé au GNL de la compagnie Costa Croisière, ne s’arrêtera finalement pas à Marseille, pour cause de grève sur le port. « Ils n’ont voulu prendre aucun risque », souffle Jean-François Suhas, président du club de la croisière Marseille Provence. Il faut dire que tout le gratin de la compagnie est à bord pour faire le tour de l’Europe, sans compter les agences de voyages.

Piquet de grève symbolique

« AIDASol, un navire de 2200 passagers, a aussi annulé son escale », ajoute-t-il, regrettant la mauvaise publicité faite à Marseille. « Ils sont en train d’empêcher les investissements de demain ! Le message que l’on envoie, quand le port est bloqué, est ultra-négatif. » D’après un fin connaisseur du port, la donne a toutefois changé avec la fin de la SNCM, reprise par Corsica Linea : « Ils auraient été à la pointe sur ce style de combat », assure-t-il sous couvert de l’anonymat. Jean-François Suhas ne dit pas autre chose : « Depuis quelques années, on est sortis des blocages systématiques du port. Les dockers ne suivent plus que les mouvements nationaux. On a une vraie paix sociale, une fiabilité, il faut qu’on la préserve. »

Devant la porte 2 C, les agents CGT du port tiennent symboliquement le piquet de grève tous les jours. Mais la mobilisation contre la réforme des retraites est surtout forte les mardis et jeudis, avec un blocage des entrées et des sorties et une répercussion alors sur le trafic des ferries. Jeudi dernier, des images de voiture brûlée ont marqué les esprits. Derrière, une banderole « Les Barricades du port » était affichée, en clin d’œil au centre commercial des « Terrasses du port », près de la gare maritime de la Joliette.

Au dépôt pétrolier de Fos, la grève a également été votée pour ce jeudi. « Il n’y aura pas de chargement de camions-citernes jusqu’à minuit », indique-t-on à l’union locale CGT de Fos. Et de poursuivre : « Sur la zone portuaire, au niveau des entreprises, les mouvements suivent surtout les journées nationales. On a beaucoup de sous-traitants, pour qui la fin du mois est difficile ».

Les escales de MSC Croisières pour le moment non impactées 

Reste qu’un autre mouvement social est surveillé comme l’huile sur le feu par les acteurs économiques, celui des remorqueurs du port. Un préavis de grève de 5 jours renouvelable court en effet depuis mercredi, à l’appel des deux principaux syndicats du secteur, la CFDT et la CGT. Les marins relèvent eux d’un régime particulier de retraite. « Si les remorqueurs entrent dans la danse, il est évident que cela va avoir un impact », relève Daniel Suzzoni, secrétaire général du syndicat des officiers de la marine marchande UGICT-CGT.

Du côté du Grand port maritime de Marseille, on affirme « que la grève du remorquage n’a, pour le moment, pas d’impact sur le trafic des navires ». Que ce soit pour les ferries, les navires de croisières ou les porte-conteneurs. Les bonnes conditions météo ont jusque-là permis aux bateaux d’assurer les manœuvres. MSC Croisières, qui a ces jours-ci de nombreuses escales programmées à Marseille, assure pour sa part « qu’aucune escale n’a pour le moment été impactée par la grève ». « Les différents embarquements et débarquements de nos passagers se sont déroulés sans encombre », ajoute la compagnie. Ce jeudi, les agents du port devraient cependant être encore nombreux dans le cortège à défiler contre la réforme des retraites.