Attentat déjoué à la base d’Evreux : Un ex-soldat radicalisé jugé en février

JUSTICE Le 5 mai 2017, deux jours avant le second tour de l'élection présidentielle, cet ancien militaire avait été arrêté à l'aube aux abords de la base militaire en tenue de combat et armé

20 Minutes avec AFP

— 

Un agent de police (illustration).
Un agent de police (illustration). — C. Girardon / 20 Minutes

Un ancien militaire de 36 ans, converti à l’islam radical et au profil psychologique « fragile », doit être jugé le 5 février à Paris pour avoir tenté en 2017 d'attaquer la base aérienne d'Evreux au nom de Daesh, selon le tribunal correctionnel.

Que s’était-il passé ?

Le 5 mai 2017, deux jours avant le second tour de l’élection présidentielle, Alain F. avait été arrêté à l’aube aux abords de la base militaire, alors qu’il regagnait son véhicule. En tenue de combat, il portait les insignes de Daesh. Un fusil à pompe, deux revolvers à poudre et trois couteaux de commandos avaient été retrouvés cachés dans un fourré. Il avait revendiqué son projet dans un courrier envoyé avant son arrestation à un journal belge et à l'AFP.

« Je m’appel (sic) Alain F., soldat musulman défendant ma patrie : l’Etat islamique. C’est moi qui est (sic) préparé avec l’aide d’Allah l’attaque contre la base militaire aérienne (BA 105) d’Evreux Fauville », écrivait-il dans ce message d’une page et demie, mêlant critiques contre la France et propos religieux confus.

Qui est-il ?

Quittant l’armée en 2013 après dix ans de service, il s’était ensuite radicalisé après la mort de sa compagne. « Ce décès a été très douloureux pour vous, il y a eu un basculement à ce moment-là », a rappelé le tribunal lundi, lors d’une brève audience pour statuer sur sa détention provisoire.

Si un premier expert n’a pas relevé de « troubles psychiques », il a toutefois décrit une « personnalité paranoïaque ». Une deuxième expertise a mis en garde sur sa dangerosité, soulignant sa « psychorigidité », son « isolement social » et son « absence de critique ». Hospitalisé deux mois en psychiatrie fin 2017, il a ensuite été placé à l’isolement avec surveillance accrue, notamment pour éviter un suicide.

Troubles mentaux ou pas ?

« Il n’y a pas de troubles mentaux avérés, il n’y a strictement rien », s’est défendu le prévenu. « Si je suis à l’isolement, c’est parce que je suis assidu à la prière ». « Personne n’a été affecté par une quelconque violence de ma part », a-t-il ajouté. « Si j’ai fait ça, c’était un coup de gueule (…) parce que j’ai été persécuté par des perquisitions », a-t-il ajouté.

Le domicile d’Alain F., fiché pour sa radicalisation, avait fait l’objet de perquisitions administratives en 2015 et 2017, dans le cadre de l’état d’urgence. L’enquête n’ayant établi aucune complicité, il sera jugé pour « entreprise individuelle terroriste », « tentative d’introduction frauduleuse dans une enceinte militaire » et « port prohibé d’armes de catégorie C ».