Grève du 17 décembre à Paris : « Nous sommes là pour montrer que la jeunesse est avec les travailleurs »

REPORTAGE A l’occasion de la manifestation parisienne contre la réforme des retraites, « 20 Minutes » a rencontré des lycéens et étudiants pour évoquer leur mobilisation

Romain Lescurieux

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Dark Vador dans le cortège de la manifestation parisienne contre la réforme des retraites, le 17 décembre 2019.
Dark Vador dans le cortège de la manifestation parisienne contre la réforme des retraites, le 17 décembre 2019. — MARTIN BUREAU / AFP
  • Le cortège de la manifestation parisienne contre la réforme des retraites s’est élancé aux alentours de 13h30 de République direction la place de la Nation.
  • Lycéens, étudiants et très jeunes actifs étaient aussi présents dans le cortège. 20 Minutes les a suivi.
  • « Retraites, écologie… Globalement, on manifeste une envie de changement actuellement », explique une étudiante.

Soudain, ils stoppent leur cadence et s’allongent à même le bitume. Le cortège parisien contre la réforme des retraites qui vient de sortir de la place de la Bastille, slalome alors autour d’un petit groupe de lycéens. Au milieu, Pomme, 17 ans. « La retraite, ça concerne tout le monde. Au début, les gens se demandaient pourquoi les lycéens se mobilisaient contre la réforme des retraites. Mais au final, ça nous concerne plus que les adultes. Nous, on est nés après 1975 et nous sommes là pour montrer que la jeunesse est avec les travailleurs, les cheminots, les personnes en grève. C’est important que tout le monde soit là et uni », lâche-t-elle.

Ce mardi, la manifestation parisienne a réuni 350.000 personnes, a affirmé la CGT à l’AFP. Un chiffre nettement supérieur à celui de la première journée interprofessionnelle, le 5 décembre, où la confédération avait comptabilisé 250.000 manifestants (le ministère de l’Intérieur annonce 76.000 manifestants, ce mardi). Dans un cortège solide mené par de nombreux syndicats, se sont croisés des cheminots, des professionnels de santé ou encore des enseignants. Mais aussi des lycéens, étudiants et de très jeunes actifs, présents aussi de manière plus « globale ».

« Il y a plein de choses qui ne vont pas »

Parti place de la République – avec en fond sonore Gala, Renaud ou encore le désormais hymne des grévistes « On est là » –, le cortège s’est élancé aux alentours de 13h30. Alors que quelques minutes plus tard, la police bloque l’avancée du cortège, Louise, 26 ans, près d’un fourgon explique sa présence. « C’est bien de montrer que le mouvement s’inscrit dans la durée », explique celle qui est mobilisée depuis le 5 décembre car « inquiète pour sa retraite ». Et « inquiète globalement ». En quelques mots : le chômage, les droits sociaux. Même colère sur le parvis de l’Opéra où son chœur a entonné La Marseillaise et Le Chant des Partisans.

« Je suis déjà venue aux précédentes manifestations. Je trouve que depuis un bon moment le droit à la manifestation est réduit, que cette réforme des retraites est floue. Mais je soutiens d’autres causes. Il y a plein de choses qui ne vont pas. Peut-être qu’un jour je serai d’accord avec quelque chose, mais là ce ne va plus », affirme Natacha, 22 ans, étudiante en histoire de l’art à l’université Paris-4. « Je considère que manifester aujourd’hui est aussi un moyen de s’opposer à un système démocratique en faillite », abonde son amie, Julia, 21 ans, étudiante en philosophie à Nanterre. Et de préciser « retraites, écologie… Globalement, on manifeste une envie de changement actuellement. Mais on ne prend pas en compte la jeunesse », déplore-t-elle.

« Nous les lycéens, on a aussi des grosses revendications plus générales, sur la précarité étudiante notamment, la réforme du bac, Parcoursup… On est quand même dans la merde, donc c’est aussi pour ça qu’on n’hésite pas à aller dans la rue pour se battre pour nos droits et notre avenir », reprend Pomme. Son ami acquiesce. « Oui, le mouvement des lycéens est plus général », sourit-il.