Bordeaux : Le rond-point d’accès à l’aéroport bloqué par des grévistes, les passagers finissent le trajet à pied

REPORTAGE A partir de 5 h 30 ce mardi matin, plus d’une centaine de grévistes s’est mobilisée sur le rond-point d’accès à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac pour en bloquer l’accès

Elsa Provenzano

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A l'appel de l'union locale CGT de Mérignac une centaine de grévistes a bloqué l'accès à l'aéroport de Bordeaux-Mérignac.
A l'appel de l'union locale CGT de Mérignac une centaine de grévistes a bloqué l'accès à l'aéroport de Bordeaux-Mérignac. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • Des grévistes ont bloqué l’accès à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac ce mardi matin dans le cadre de la mobilisation contre la réforme des retraites.
  • Certains voyageurs ont dû finir le trajet jusqu’à leur terminal à pied, valises à la main.
  • Une manifestation est prévue à partir de 11 h 30 au départ de la place de la République.

En cette journée de mobilisation nationale contre la réforme des retraites, des grévistes du secteur des douanes, d’Air France, de Ford, de Getrag Transmissions, des « gilets jaunes » ou encore des étudiants ont répondu à l’appel de l’union locale CGT de Mérignac et ont bloqué à partir de 5 h 30 ce mardi matin, le rond-point d’accès à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac.

« L’idée avec ce blocage c’est de monter d’un cran, commente Philippe Poutou, de la CGT-Ford, emmitouflé près du barrage. Il faut qu’on arrive à être plus nombreux pour que le gouvernement recule et le délai est un peu court avant les fêtes ». Sur une des voies d’accès du rond-point, Michèle Avignon, à l’initiative de la mobilisation avec l’union locale CGT de Mérignac estime que « l’accueil des automobilistes est chaleureux ». Jusqu’ici, seul l’un d’entre eux les a pris assez sèchement à partie.

« A part bloquer les gens ça ne sert à rien »

Les voyageurs qui se faisaient déposer ce matin à l’aéroport ont dû finir le chemin à pied. Parmi eux, Fanny, 21 ans qui presse le pas pour ne pas rater son avion pour la Martinique où elle part en vacances. « On a dû descendre trois arrêts avant le terminus du bus et il y avait déjà des embouteillages qui nous ont retardés, explique-t-elle. Je comprends pourquoi ils manifestent mais à part bloquer les gens ça ne sert à rien, ça ne remonte pas au niveau du gouvernement ».

Bernard Vanicatte, 66 ans, sort lui d’une navette venant de l’un des parkings extérieurs à l’aéroport : « Le chauffeur connaissait les chemins de traverse, on a pris des sens interdits », raconte ce dirigeant d’une entreprise de 300 personnes qui se rend aux Canaries pour raisons professionnelles. Il est très opposé au mouvement au nom de « la liberté de circulation », en particulier à l’approche des fêtes de fin d’année.

« Si on écoute le gouvernement, ce n’est jamais le moment de se mobiliser, observe Philippe Poutou. On entend des jugements moraux, on parle de preneurs d’otages mais quand on assiste à des suppressions de lignes de TER par exemple, alors là il n’y a pas la même indignation en faveur de la liberté de circulation ».

L’opération coup de poing était menée en amont de la manifestation organisée à partir de 11 h 30 au départ de la place de la République, à Bordeaux.